L'arrestation et la détention du patron de l'alliance Renault - Nissan - Mitsubishi a fait le tour du monde médiatique en quelques minutes. Revue de presse.

Chronique internationale 20-11

L'arrestation de Carlos Ghosn a été reprise à la une de l'ensemble de la presse internationale. C'est même étonnant : du Japon à l'Amérique latine, de l'Espagne à la Grande-Bretagne en passant par la fine fleur de la presse mondiale, le New York Times ou le Guardian de Londres qui y a consacré un live sur son site : le monde entier avait son mot à dire.

Il faut dire que Carlos Ghosn n'est pas seulement le chef d'une entreprise automobile française qui aurait bien réussi à l'international, même si c'est le cas de Renault. Carlos Ghosn a bâti un empire global et même le 1er constructeur mondial de véhicules.

Après tout, et c'est El País à Madrid qui le rappelle le plus clairement, « une voiture sur neuf produite dans le monde sort de l'une des 122 usines de l'Alliance Renault – Nissan – Mitsubishi que présidait le franco – libano – brésilien ».

Une histoire unique à la mesure de la chute spectaculaire de l'homme, poursuit le quotidien madrilène : « alors qu'il affronte sa pire heure, détenu au Japon pour des soupçons de fraude fiscale, s'il doit être certain de quelque chose, c'est que personne n'a jamais rien été offert à cet homme et que sa trajectoire triomphale dans le monde si fermé de l'automobile, il ne la doit qu'à lui même et à personne d'autre ».

Fascination pour le capitaine d'industrie

Cette fascination presque romanesque est assez générale. Dans The Independent, le quotidien londonien plutôt marqué à gauche, on peut lire un début d'explication : « il est rare que le passage de la grâce à la chute soit aussi brusque dans le monde des affaires que ce qui est hier arrivé à Carlos Ghosn, patron de Nissan ».

Pas plus tard qu'en mars dernier, il expliquait qu'il conduisait les négociations devant amener à l'éventuelle fusion de Renault et Nissan et il était le choix naturel pour diriger la nouvelle entité. Or l'homme qui a bâtit sa réputation sur le sauvetage de Renault et de Nissan restera peut-être finalement dans l'histoire comme celui qui a précipité la désunion des deux groupes ».

Une chute d'ailleurs très moderne, remarque le quotidien de Hong Kong, le South China Morning Post : « un lanceur d'alerte, des mois d'enquête interne à Nissan qui n'ont pas filtré, des soupçons de malversations liés à une rémunération colossale, la justice prévenue et, enfin, une garde à vue spectaculaire ». Le tout fleurant bon le 21e siècle !

Une carrière internationale qui lui vaut aussi de solides inimitiés

C'est Le Temps de Genève qui le remarque : Carlos Ghosn était aux commandes de l'alliance depuis bientôt vingt ans et la fin de son règne était attendue, voire souhaitée. Pour nombre d'observateurs du milieu, il demeure celui qui a fait sortir du groupe l'autre Carlos (Tavares) parti chez Peugeot Citroën devant l'intention de Ghosn de rester à son poste. Sans oublier que ce n'était pas la 1ère fois que sa rémunération suscitait la controverse ».

Dans les pages de quotidien libanais L'Orient Le Jour, on apprend que celui qui est qualifié de « bâtisseur d'empire automobile » avait même commencé des investissements personnels de garde : « au Liban, où il maintient une présence discrète, Carlos Ghosn, qui est en train de faire construire sa résidence à Achrafié, est actionnaire d'Ixsir, la cave viticole de Batroun. Il est également associé au groupe Saradar dans des projets immobiliers ».

Mais les plus secoué par cette nouvelle et surtout cette chute sont évidemment les Japonais. Aucun français n'est capable comme Carlos Ghosn de faire là-bas la une de tous les quotidiens, du Asahi Shimbun au Mainichi en passant par le Yomiuri. Le Yomiuri Shimbun et ses 9 millions d'exemplaires quotidiens, qui a aussitôt envoyé au siège de Nissan, à Yokohama, des reporters pour recueillir les commentaires des salariés du groupe :  

Des salariés beaucoup moins fascinés par la chute de l'empire Ghosn que les journalistes et qui avouent avoir récolté les informations dont ils disposent moins en interne où « tous les monde à les dents serrés » mais sur Internet. « Je suis encore sous le choc », explique l'un d'entre eux, « et je m'en veux d'avoir un jour eu de l'admiration pour un manager et une personnalité » qui aujourd'hui semble nous avoir trahir.

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