Le dernier dirigeants du groupe terroriste basque ETA passe en procès à Paris. Revenir sur 40 difficiles années de lutte, c'est retenir quelques leçons de notre voisin espagnol.

Ce matin, c’est le procès parisien qui a retenu mon attention : Celui d’un vieil homme de 69 ans, miné par la maladie et les remords. Un procès devrait se tenir à Paris, à compter de jeudi prochain : 

Le procès du dernier chef connu du groupe terroriste basque ETA, Josu Urrutikoetxea, mieux connu des Espagnols sous le nom de Josu Ternera. S’il est jugé en France, c’est tout simplement qu’il a été arrêté en Haute-Savoie en mai 2019 et inculpé chez nous.

Rappelons que Josu Ternera a présidé une des périodes les plus meurtrières d’un groupe terroriste qui a tué 829 personnes et traumatisé notre voisin espagnol. Mais Josu Ternera est aussi celui a rendu les armes et signé la fin définitive d’ETA en 2018.

L’ETA, c’est 40 années d’équipée meurtrière !

Mais comme tous les groupes terroristes avant eux et, j’ajouterais après eux, ils ont finalement été démantelé, leur stratégie défaite et leurs dirigeants emprisonnés. Josu Ternera lui-même, « déconseille la voie de la violence aux séparatistes européens ».

La première leçon est là. La 2e est peut-être de regarder comment une entreprise aussi mortifère a pu perdurer plus de 40 ans dans une démocratie occidentale ? La réponse est parfois difficile à entendre…

La gauche française complice

Pour survivre, l’ETA a pu utiliser la France comme base-arrière et des complicités à gauche. Une gauche française marquée par l’anti-franquisme et l’ETA a combattu le dictateur. Il y donc y a une certaine complaisance, surtout à partir de 1981.

Il a fallu attendre 1986 et Charles Pasqua, puis Nicolas Sarkozy, pour remettre les choses au carré : à savoir que l’ETA était un groupe terroriste et l’Espagne une démocratie. Plus de complaisances, des arrestations, une collaboration policière et étatique.

La loi, rien que la loi mais toute la loi

Là aussi, il y a quelques leçons à retenir. Tant que l’Espagne a mené une guerre sale de basse police, loin des standards judiciaires, l’ETA a pu continuer de rejouer indéfiniment le franquisme et la barbarie contre la « résistance » basque.

Jusqu’aux années 90 où un juge antiterroriste, Baltazar Garzón, a décidé de s’en tenir à la loi, toute la loi, rien que la loi. D’abord, en dissolvant les réseaux d’associations amies et traquer les circuits financiers et surtout : ne plus rien laisser passer.

Ni les graffitis de rue – immédiatement effacés – ni les tavernes nationalistes – fermées – ni les partis politiques aux positions ambigües – interdits de se présenter aux élections. Le tout dans le respect le plus strict et le plus ennuyeux de la procédure judiciaire.

Voilà comment l’Espagne – et un peu la France – ont fini par épuiser puis étouffer puis vaincre le plus ancien groupe terroriste d’Europe occidentale : l’ETA.