Un mur dans le Sahara pour empêcher les migrants d'entrer en Europe ? Donald Trump, évidemment. Une photo humiliante pour le président polonais ? Donald Trump, toujours... Décidément l'Europe ne réussit pas au 45e président des Etats-Unis.

Donald Trump a donc suggéré à l'Espagne de construire un mur... dans le Sahara ! Pourquoi se gêner ? Puisque l'idée d'édifier un mur long de plus de 3 100 kms entre le Mexique et les Etats-Unis a contribué à lui faire remporter la Maison-Blanche, pourquoi le monde entier ne se met-il pas à faire de même ?

Après tout, le problème est le même : arrêter les migrants en route vers l'Europe d'un côté, les Etats-Unis de l'autre ! Peu importe que l'Europe n'ait aucune frontière extérieure dans le Sahara ! Peu importe que le Sahara s'étire sur plus de 5 000 kms ! Des détails tout cela !

Et lorsque le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, à qui Donald Trump faisait cette proposition, lui a fait remarquer ce simple problème géographique, la réponse du Donald ? « Ce n'est pas possible qu'il soit plus grand que ma frontière ».

Trump fait du Trump !

Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'avec les Européens il a décidément la guigne. C'est compliqué l'Europe, ya plein de pays improbables, à commencer par le pays d'origine de son épouse, la Slovénie, qu'il n'a jamais vraiment su situer sur une carte.

Prenez la Pologne par exemple : il n'y a pas pays plus américanophile que la Pologne et pas de gouvernement plus trumpophile que l'actuel gouvernement polonais. Ils sont fait pour s'entendre : nationaliste, populiste et en guerre avec l'Union européenne.

Il se trouve que mardi, le président polonais Duda se trouvait aux Etats-Unis pour signer un « pacte » avec Washington. Un pacte militaire, commercial et énergétique. Grosso modo, un « deal » comme les aime Donald Trump.

Et pour combler d'aise leur hôte, la partie polonaise a eu une idée en or : suggérer que une base militaire polonaise soit rebaptisée Fort Trump ! Dans le genre flatterie, c'est un must : Donald Trump a déjà des tours, des hôtels mais une base militaire !

Flatter Donald Trump, c'est le B-A-BA !

Défilé du 14 juillet, dîner à 4 sur la Tour Eiffel, c'était difficile à battre. La Grande-Bretagne a bien essayé avec son tea-time en compagnie d'Elisabeth II mais ça n'a fait qu'embarrasser Donald Trump qui voulait le carrosse !

Mais avec les Européens, le problème n'est pas tellement cette course à l'échalote pour savoir qui flattera le mieux le Donald, le problème c'est que ça finit toujours mal. Revenons sur la Pologne : un traité doit donc être signé.

Pour se faire quoi de plus solennel que le bureau oval. Une photo est prise où l'on voit Donald Trump avec une expression qu'il imagine être sérieuse assis à son bureau en train de signer et le président polonais, debout, signant lui aussi sur un coin du bureau.

Humilier le président polonais, il faut oser

En même temps, qui est le maître et dans quel bureau se trouve-t-on ? Inutile de préciser que cette photo d'un président assis et d'un président debout a été perçue comme une humiliation en Pologne, où l'on a la susceptibilité nationale très à fleur de peau.

Et le fait qu'une vieille photo de Lech Walesa assis alors que Donald Trump, lui, est debout derrière lui, soit opportunément ressorti n'arrange rien à l'affaire. Je vous l'ai dit, Trump et l'Europe, c'est l'histoire d'une ignorance doublée d'une incompréhension.

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