Ce matin, on va fêter royalement les 90 ans de la reine Elisabeth II d'Angleterre...

Il faut dire qu'à lire son emploi du temps, il vaut mieux que ce soit moi qui lui souhaite un bon anniversaire que le gouvernement britannique : pour débuter les cérémonies d'anniversaire, elle a visité un bureau de poste et a papoté du temps qu'il faisait. Mais ça c'est au fond très britannique : en apparence, il ne se passe rien de notable mais pour que tout aille bien, il a fallu déployer des trésors de préparation. Je vous donner un exemple. Le prince William et son épouse ont visité la semaine dernière le Taj Mahal. Evidemment, la presse a voulu qu'ils s'asseyent sur le fameux banc où vingt ans plus tôt Diana s'était assise seule. La pose a duré une minute. Et avant la photo, pendant deux heures, des fonctionnaires indiens ont versé de l'eau glacé sur le banc pour le rafraîchir !

Reine Elisabeth II
Reine Elisabeth II © Radio France / Reuters

En clair, rien n'est trop beau pour la famille royale, et surtout pour Lilibeth - le surnom qu'utilisait son royal papa. Lorsqu'elle déjeune ou dîne chez vous, prévoyez de ne surtout pas lui servir de fruits-de-mer (elle supporte mal) et surtout de dédier pour l'occasion un toilette spécial et si possible silencieux.

De la même façon, lorsqu'elle prend le train royal aménagé pour elle, les rails sont soigneusement inspectés pour éviter les soubresauts. Surtout aux alentours de 7h30 du matin : c'est l'heure de son bain et personne n'a envie d'éclabousser la souveraine. Et ça ne date pas d'hier ces précautions : lorsqu'elle s'est rendu en visite officielle en Inde en 1960, non seulement tout a été repeint sur son parcours mais le gazon a été coupé à la main et aux ciseaux sur les centaines de mètres.

Saviez-vous également qu'Elisabeth est la seule personne au monde à en avoir deux par an ? Celui de sa naissance, aujourd'hui donc, le 21 avril. Et un autre officiel, où l'on est à peu près sûr qu'il fera beau sur Londres pour le célébrer, le 11 juin prochain. Enfin, on sait déjà qu'elle déjeunera le lendemain avec Barack et Michelle Obama. Ces trois là s'adorent. Michelle Obama est même la seule personne au monde à avoir littéralement enlacé la reine sans créer un incident diplomatique. On ne touche jamais la Queen.

Une revue de presse tout aussi britannique

Le plus facile aurait été de vous détailler les unes dégoulinantes de bons sentiments et d'obséquiosité royale que les Britanniques vont devoir acheter aujourd'hui. Je suis plutôt à la recherche des articles qui fâchent.

Comme par exemple celui du Guardian intitulé : « l'échec abjecte du règne d'Elisabeth II ». Ecrit par une républicaine assumée, Joan Smith, l'édito soutien que « la reine et sa parentèle sont moins ouverts que jamais au contrôle démocratique ».

Et les attaques sont violentes : « pour la seconde fois en un siècle, la couronne sera bientôt posée sur la tête d'un incapable ». L'incapable en question étant évidemment Charles, prince de Galles. Pour Mme Smith, c'est le signe le plus grave de l'échec d'Elisabeth.

Mais il y a plus embêtant que les attaques des républicains. Il y a les comptes ronds, très ronds même, de Sa Majesté. Et là, c'est un webzine économique en ligne, MarketWatch , qui s'y colle avec ce titre : « 90 ans et 29 milliards de dollars à son nom ».

En fait, nominalement, la reine ne possède rien des châteaux, collections d'art et terres pourtant inscrites à son nom. Ce sont des fondations et des trusts qui gère ça pour la famille royale. Mais des trusts qui rapportent énormément.

Par exemple, les terres royales agricoles ou construites, à Londres ou à la campagne font un bénéfice annuel de 410 millions de livres sterling (500 millions d'euros). Et la reine en perçoit une cinquantaine de millions de livres annuelles. Mais à part ça, rien ne lui appartient, évidemment.

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