Le Mexique, c'est l'autre pays de la bière, avec une consommation pas si éloignée de celle de l'Allemagne. Alors, lorsqu'il s'est agi de définir ce qu'était un produit de "première nécessité", la "blonde" mexicaine s'est invitée dans le débat...

Au Mexique, l'autre pays de la bière, on se demande si elle est un "produit de première nécessité"
Au Mexique, l'autre pays de la bière, on se demande si elle est un "produit de première nécessité" © Getty / Jeffrey Greenberg/Universal Images Group

Direction le Mexique, où l'on débat pour savoir si la bière est un secteur essentiel. Ça semble futile comme débat mais, lorsqu'on connaît un peu le Mexique, on comprend vite qu'il n'en est rien : en fait, le Mexique, c'est un peu "l'autre pays" de la bière. Un chiffre suffira à vous le faire comprendre : les Mexicains consomment en moyenne 72 litres de bière par an et par habitant

C'est deux fois et demi plus que les Français et ce n'est pas si loin que cela des champions toute catégorie : les Allemands et leur cent litres de bière par an et par tête de pipe !

Là-bas, la bière, c'est du sérieux

Au point que les chanteurs mexicains lui consacrent des odes enflammées. Comme, par exemple, Elvis Crespo et sa chanson La Cerveza... La bière ! Une chanson qui, grosso modo, dit : "C'est la fête, barman donne moi une bière !". 

Plus sérieusement, écoutons Cauahtemoc Rivera, le président de l'Alliance nationale des petits commerçants, l'ANPEC. Le 31 mars, il déclarait : "Comment vivre confiné sans bière ! Tout le monde sait que c'est un relaxant naturel !". Il ajoutait que le demi-million d'emplois de son secteur était menacé : la bière, c'est jusqu'à la moitié du chiffre d'affaires. Pourquoi tant d'inquiétude ?

Parce qu'à compter du 1er avril, le gouvernement a demandé à toutes les entreprises "non essentielles" de fermer. Donc, les brasseurs mexicains se sont exécutés : plus de Sol, d'Indio ou de Corona. Ce qui ne manque pas de saveur à l'heure du coronavirus.

Plus qu'une boisson ! L'air conditionné du pauvre !

Là-bas, les grandes chaleurs ont déjà commencé : sans bière, l'air conditionné du pauvre dit-on là-bas, ça paraît insoutenable !

C'est si vrai que les Mexicains se sont précipités sur les petits commerçants : la vente de bières, au mois de mars, a augmenté de 40%. Plutôt que de prendre un pack de bière par semaine, ils en achètent six, toujours selon l'ANPEC !

Au Mexique, la bière est donc bien un produit de première nécessité !

Du point de vue du ministère mexicain de la Santé, non ! L'interdiction de produire tient toujours. Mais du point du ministère de l'Agriculture, c'est moins évident : le 6 avril, il exigeait des brasseurs qu'ils continuent d'acheter aux paysans les céréales nécessaires à la fabrication de la bière.

Bref, le message est parfaitement contradictoire. C'est d'autant plus rageant pour les Mexicains que beaucoup d'usines à bas coût, qu'on appelle là-bas les usines "tournevis", installées à la frontière américano-mexicaine, ont, elles, été déclarées essentielles à l'économie du pays.

Comme par exemple des usines en Basse-Californie qui produisent du matériel médical. Parfait, a priori. Sauf que ces usines fabriquent des gants, des masques et des blouses... pour les Etats-Unis alors que le Mexique manque de tout dans ses hôpitaux.

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