Par Claude Guibal

Maintenant que le grand dégel est en marche entre les Etats-Unis et leur ennemi historique, Cuba, on peut parler des choses qui fâchent.

Il faut dire qu’entre Cuba et les Etats-Unis, ça n’a pas toujours été la guerre, ça a même été le grand amour avant la révolution, lors de la présidence de Batista qui avait ouvert grand la porte, sans taxes aux investisseurs américains de tout poil, mafia comprise.

Rapprochement Cuba/USA
Rapprochement Cuba/USA © Radio France / Giv Anquetil

Cuba, disait-on alors, c'était le bordel de l’Amérique, la capitale du jeu, de tous les vices. Et les rois de la mafia américaine en avait fait leur arrière base. Comme le mythique Lucky Luciano mais aussi Meyer Lansky, surnommé, lui, « le cerveau de la mafia ».

A Cuba, dans les années 50, l’homme contrôle tout, les champs de course, les jeux. Et où est ce qu’on joue ? Dans les casinos. Et ces casinos ils sont où ? Dans les grands hôtels. Meyer Lansky, en 1958, s’en fait construire un sublime bord de mer : l’Hôtel Habana. Manque de bol, un an plus tard, Fidel Castro prend la Havane, chasse Batista, le grand ami de Meyer Lansky, et dans la foulée, il interdit le jeu, et nationalise les hotels. Meyer Lansky perd l'hôtel Habana et ses 440 chambres, et plus de 7 millions de dollars de l’époque, autant dire un sacré paquet de pesos.

Des paquets de pesos, c'est ce qui se discute en ce moment puisque la semaine dernière Washington et la Havane ont commencé à négocier sur les biens américains confisqués. Et ça négocie sec ; Entre les grandes propriétés sucrières, les entreprises, il y en aurait pour pas loin de 8 milliards de dollars à récupérer aujourd’hui, disent les Etats-Unis.

Les héritiers de Meyer Lansky, eux, ne voudraient pas voir leur part du gâteau leur échapper. Ils veulent récupérer l’hôtel Habana Riviera, et remettre la main sur l’argent perdu de la mafia.

Reste que les frères Castro ne sont pas nés de la dernière pluie. A la table des négociations, ils n’ont pas dit leur dernier mot et réclament à leur tour qu’on les indemnise pour les plus de 50 années d’embargo américain sur Cuba. Et là, la somme est encore plus rondelette puisque Cuba réclame 120 milliards de dollars. Rien que ça !

Bref, comme il n’y aura pas de levée de l’embargo sans accord là-dessus, on est donc dans la grande partie de poker menteur. Faites vos jeux, rien ne va plus…

Rien ne va plus, c'est ce que dit aussi la presse indienne ce matin, mais sur un ton autrement plus grave. __ Car en Inde, c'est la colère populaire après la libération hier d'un jeune homme.

Il avait été condamné après le viol collectif et le meurtre d'une étudiante à New Delhi, c'était en 2012. Il était mineur au moment des faits. Or en Inde, la loi fixe à trois ans maximum la détention pour un mineur quel que soit son crime. Pour le Hindustan Time, « cette libération, c'est une gifle pour la nation ».

En Espagne, on parle bien sûr des législatives.

« L’heure du changement, l’Espagne au bord du gué » comme le dit El Païs , avec Mariano Rajoy qui a perdu sa majorité et ne sait pas s’il pourra et comment il pourra gouverner.

Aux Etats-Unis, ce matin, c'est toujours Donald Trump qui fait la une.

Après avoir été tout récemment qualifié de « brillant et talentueux » par Vladimir Poutine, il lui rend ce matin le compliment. C'est à lire dans les colonnes du Washington Post : « Vladimir Poutine, c'est un leader, un vrai, pas comme celui qu'on a chez nous », a-t-il renchéri. Interrogé sur les méthodes brutales de Vladimir Poutine, Donald Trump répond : « personne n'a jamais prouvé qu'il avait tué qui que ce soit ».

Par contre, on a la preuve de l'immortalité de Vladimir Poutine, et c'est le quotidien du HondurasLa Prensaqui se penche sur cette idée : le journal publie donc des photos de 1920 ou 1940 où l’on voit un Poutine ou son sosie en pleine force de l'âge, Donald Trump n'a pas fini de s'extasier.

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