C'est ce que dit un rapport publié ces jours-ci par la police néerlandaise. Un rapport assez inquiétant. On y trouve des chiffres glaçants, comme par exemple le fait que plus de la moitié de la cocaïne trafiquée en Europe passerait par le port de Rotterdam.

Le port de Rotterdam plaque tournante de l'acheminement des drogues en Europe
Le port de Rotterdam plaque tournante de l'acheminement des drogues en Europe © Getty / Mario Gutiérrez

Or la cocaïne, c'est à elle seule, un marché de près de 6 milliards d'euros annuels. On sait aussi qu'une grande majorité de l'ecstasy, ou MDMA, consommée en Europe est produite dans le sud des Pays-Bas. Dans des laboratoires clandestins.

On sait aussi que ces laboratoires sont entre les mains de gangs marocains qui ont d'abord fait leurs armes avec l'importation illégale de cannabis depuis leur pays d'origine. Or ces gangs et autres mafias seraient en constante augmentation.

Certes la police néerlandaise n'est pas impuissante, elle possède la sophistication et les moyens nécessaires pour agir. Sauf que de l'aveu même des policiers, elle est débordée : elle ne parviendrait plus qu'à démanteler qu'un réseau de narcotrafic sur 9.

Et surtout, elle voit comment une véritable économie parallèle s'est mise en place et prend de l'ampleur : la tolérance néerlandaise vis-à-vis des drogues fait qu'il vaut mieux trafiquer depuis La Haye ou Amsterdam : on risque moins si l'on se fait prendre.

De plus, les Pays-Bas sont la porte d'entrée de l'Europe avec, on l'a vu, Rotterdam. Enfin, pour blanchir l'argent, les mafias profitent d'un réseau bancaire de premier ordre et d'une relative tolérance entrepreneuriale. Le bonheur des mafias est donc néerlandais.

Ce rapport force, à mon avis, un peu le trait. D'autant que la conclusion des policiers néerlandais c'est qu'il faudrait plus de moyens ! Beaucoup plus : 2 000 policiers de plus ! Ce qui pour un pays de 17 millions d'habitants est énorme.

Or, si l'on regarde les chiffres, le nombre de crimes et délits aux Pays-Bas a chuté de 25% en 10 ans. Mais les policiers ont réponse à tout : les mafias détestent le désordre, c'est mauvais pour le commerce. Elles feraient dont elles-même leur propre police.

Au Maroc, le procès du père de « l'enfant à la valise »

On se souvient tous de cette image incroyable d'un enfant recroquevillé dans une valise, repéré au scanner à bagages. Cette image a fait le tour du monde pour illustrer les stratégies parfois ahurissantes des migrants pour parvenir en Europe.

Ça se passait à la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta. C'est le père du gamin qui était en procès ces jours derniers. Ali Ouatarra est ivoirien, vit en Espagne depuis 8 ans, avec des papiers en règle. Il était parvenu à faire venir toute sa famille. Sauf son fils de 8 ans à l'époque parce que, selon les autorités espagnoles, ses 1 300 euros de salaire ne suffisaient pas pour le faire venir et l'élever dignement. Le père a donc eu recours à des passeurs marocains : 5 000 euros payés rubis sur l'ongle.

Des passeurs qui lui avaient juré que l'enfant passerait en Espagne en voiture. C'est aussi ce qu'a confirmé l'enfant, qui aujourd'hui a 10 ans, à la barre du tribunal. Le juge a donc été clément : il a condamné le père à 92€ d'amende.  Il risquait jusqu'à 3 ans de prison !

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