Traitez-moi d’indécrottable romantique, mais c'est une période de l'année que j'attends avec presque autant d'impatience que les Japonais : ça s'appelle « sakura » et tous les Japonais retiennent leur souffle.

Sakura à Kyoto
Sakura à Kyoto © Getty / Marser

Ils attendent la floraison du premier cerisier rose de l'année et depuis 1951, des équipes de météorologues japonais sont payés par l'Etat puis les chaines de télévision et envoyés dans tous le pays pour surveiller la floraison et rapporter la bonne nouvelle.

Des dizaines de météorologues qui inspectent les cerisiers Somei-Yochino, par exemple, une espèce de cerisier chargée en fleurs et toujours précoce, du nord au sud de l'archipel. Et cette année, il se sont précipités dès jeudi dernier sur l'île de Shikoku.

Jeudi dernier, un cerisier du château de Koshi dans cette fameuse île, a montré quelques signes de floraison. Mais pour être « sakura », il faut qu'au moins 80% des fleurs soient écloses. Et ça, ça n'est arrivé que lundi en début de soirée. La bonne nouvelle a été connue et diffusée immédiatement, les journaux eux l'ont mis en une de toutes leurs éditions hier.

D'autant que cette floraison-là est aussi exceptionnelle

Figurez-vous que ce cerisier en fleur, non content d'être le premier dans tout le pays à fleurir vient aussi de battre un record : celui de la floraison le plus précoce de l'histoire du « sakura ».

Il a fleuri 11 jours plus tôt que la moyenne constatée depuis 1951 et surtout 18 jours plus tôt que le plus précoce des cerisiers de 2017. Il a même établi un nouveau record ce cerisier : avant lui le plus précoce datait de 2002, il y a 16 ans.

C'était un 21 mars, dans le quartier Tokyote de Chikoya –  le quartier où se trouve le palais impérial et, comme il se doit, quelques uns des plus beaux cerisiers du Japon. D'ailleurs, les cerisiers de Chikoya ont eux juste commencé à fleurir ce samedi.

Mais l'important c'est ce qu'il va suivre

Dès ce weekend et pour quelques jours, au mieux quelques semaines, tous les Japonais vont s'adonner à leur passe-temps annuel favori, ils vont faire hanami, ce qu'on peut traduire par « regarder les fleurs ».

Ça dure au Japon depuis au moins le 8ème siècle ce festival et ça s'accompagne généralement d'un haïku, c'est à dire de court poème floraux déclamés en charmante compagnie si possible autour d'un pique-nique sous les cerisiers.

Pour finir, permettez moi de vous dédier ce haïku de hanami : 

Sous les fleurs de cerisier / grouille et fourmille / l'humanité ! A l'ombre.

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