En visite en Israël, le Premier Ministre Russe s'est amusé avec un hélicoptère téléguidé. Le problème c'est que ce joujou était loin d'être inoffensif.

Dmitry Medvedev en visite officielle en Israël, ici au Mémorial Yad Vashem
Dmitry Medvedev en visite officielle en Israël, ici au Mémorial Yad Vashem © Maxppp / DMITRY ASTAKHOV/SPUTNIK / GOVERNMENT PRESS SERVICE/POOL

Pourtant, c'est parti d'une bonne intention : la semaine dernière, Dimitri Medvedev, le Premier Ministre Russe, visitait Israël, et en particulier le célèbre institut Volcani de recherche agronomique. Un truc à mourir d'ennui, même pour un Premier Ministre Russe.

Sauf qu'au milieu des tomates qui poussent sans eau et des plants sélectionnés non-OGM, le premier ministre aperçoit un drone hélicoptère. On le lui apporte, il joue avec quelques minutes et il est ravi, Dimitri ! L'hélico monte, descend, virevolte entre les mains du Premier Ministre Russe, qui en oublie ses hôtes, les tomates sans eau et le reste. Il a l'air si heureux que le ministre de l'Agriculture israélien, Uri Ariel, ordonne qu'on lui offre l'engin.

C'est plutôt de la bonne diplomatie, ça fait plaisir et c'est pas cher : le Ministre Israélien pensait avoir offert un joujou au Russe. En fait, il s'agissait d'un drone hypersophistiqué de fabrication espagnole qui vaut la bagatelle de 50 000 € l'unité. Parce qu'en fait d'hélico télécommandé, Uri Ariel venait d'offrir à Medvedev le fin du fin en matière de drone d'observation agronomique : vision nocturne particulièrement précise, autonomie et maniabilité imbattables, appareil photo et vidéo dernier cri.

Un appareil si unique qu'il avait fallu deux années d'attente à l'institut Volcani pour rassembler toutes les autorisations et enfin obtenir de l'Espagne qu'elle donne son accord pour exporter ce bijou de technologie.

Le ministre israélien est maintenant dans ses petits souliers : la presse s'en moque, l'opposition demande sa démission. D'autant que les Russes ne se sont laissés démontés : le lendemain de la visite, deux employés de l'ambassade sont venus chercher le paquet et toutes ses options. Pire encore, on a appris que l'infrarouge qui équipe l'hélico est de qualité OTAN, que le même modèle, un peu modifié, est utilisé par les militaires et pas pour survoler un champ de bataille. Bref Spasiba Bolchoï pour le beau cadeau !

  • Une revue de presse internationale dédiée à la primaire de la droite française

Le résultat devrait d'ailleurs fasciner les quotidiens du monde entier qui vont devoir entièrement revoir leur copie : faisant confiance à la presse française et aux spécialistes raisonnables, tous ont publié de longs portraits d'Alain Juppé. Aucun de François Fillon.

*Alain Juppé, « calme et bourgeois », sa « sobriété de prélat » catholique ou « le moyen le plus sûr et le plus sage de battre Marine Le pen » pour le _Washington Post_ .
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Alain Juppé « le plus impopulaire des Premiers Ministres que la France ait eu », pour le New York Times qui ajoute : « cet homme qui, en plus a été condamné dans une affaire de corruption touchant la mairie de Paris, se retrouve en recours à l'heure où Trump est élu président des Etats-Unis et où Marine Le Pen semble vouloir profiter de cette dynamique ».

Certains ont été tout de même plus prudents : c'est le cas du Guardian qui, avant les résultats de cette nuit, avait certes mis en illustration une photo de Juppé mais a aussi consacré quelques lignes de portrait à François Fillon, un « admirateur de Thatcher ».

Un homme « socialement conservateur », selon le Guardian, et celui des trois favoris qui a promis »les réformes les plus radicales ».

The Independent a été encore plus prudent, préférant consacrer un long article à Marine Le Pen.Avec ce titre qui est fait pour faire froid dans le dos : « Marine Le Pen est donnée largement en tête au Premier tour, surtout opposée à Nicolas Sarkozy ». Cela tombe bien, Nicolas Sarkozy ne devrait pas en être.

El País, à Madrid est peut-être le seul a avoir eu le nez creux et à avoir imaginé la déroute de Nicolas Sarkozy : « un point final humiliant pour sa carrière politique ». Sauf que c'est mal connaître la France : les politiques n'y prennent jamais leur retraite.

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