Avec le Brexit, les Irlandais aimeraient récupérer la couronne branlante de la "special relationship" avec les Etats-Unis... et s'en donnent les moyens : stratégie à long terme et nouvelle ambassade à Wasington

La Grande-Bretagne est en pleine tempête Brexit et c'est l'Irlande qui se frotte les mains. Pas ouvertement, évidemment, mais il y a des signes qui ne trompent pas. Et ces signes, le Washington Post les a trouvé aux Etats-Unis. La République d'Irlande est en train de changer de braquet dans sa relation avec les Etats-Unis.

D'abord, pousser les murs : l'ambassade était trop petite et trop discrète pour les ambitions à venir des Irlandais. L'île est donc en train d'acheter un superbe bâtiment de 650m2 en plein Washington. L'ancienne ambassade d'Egypte, pour tout dire.

Une future ambassade capable d'accommoder plus de diplomates, plus de spécialistes des relations commerciales, plus de lobbyistes, tout plus en fait. L'idée c'est : le Brexit et son instabilité vous effraie, l'Irlande est un port dans la tempête, un havre de paix.

Une « relation spéciale » avec les Etats-Unis menacée par le Brexit

C'est toujours le cas : l'ambassade du Royaume-Uni à Washington est gargantuesque par rapport à celle d'Irlande. Mais un des arguments phares de cette proximité, c'est bien sûr la culture, l'Histoire – encore que – et surtout un accès direct à l'Union européenne.

Or avec le Brexit et le fait qu'on ne sache pas à quelle sauce la Grande-Bretagne sera mangée, ni si Theresa May sera encore autour de la table à la fin de la semaine, ni même si les négociations aboutiront, un boulevard s'est ouvert devant l'Irlande.

Or l'Irlande a pas mal d'atouts à faire valoir : quoiqu'il arrive, l'île d'émeraude sera le seul et unique pays de langue anglaise de l'Union européenne. De plus, le système juridique irlandais ressemble comme deux gouttes d'eau à celui des Etats-Unis.

Des entreprises aussi considérables qu'Apple et qui sont de vivants exemples de la compatibilité des deux pays. En plus, les Irlandais n'ont pas la fâcheuse tendance à prendre les Américains de haut, comme ces fichus Britanniques.

Eux savent parfaitement qu'il y a 40 ans à peine, ils étaient le pays le plus pauvre d'Europe. Aujourd'hui, ils sont parmi les plus riches et comme ils sont 4 millions et demi, ils ne font d'ombre à personne. Eh puis, il a aussi une histoire commune.

Ils y a environ 35 millions d'Etasuniens qui ont une origine irlandaise plus ou moins lointaine – 10% de la population américaine tout de même. Presque autant que les Noirs. La Saint Patrick est d'ailleurs autant une fête américaine qu'irlandaise.

Donald Trump, seul caillou dans la chaussure émeraude

D'un côté, le président américain possède un golf personnel en Irlande. De l'autre, il a récemment annulé une visite sur place pour cause de manifestations. Mais l'Irlande voit plus loin.

Elle calcule qu'un jour viendra où les Etats-Unis reviendront à une gouvernance plus raisonnable. Ce jour-là, les entreprises irlandaises - qui emploient déjà 100 000 Américains - seront idéalement placée pour faire la nique aux Britanniques.

Et ça, c'est une revanche que tout 1er ministre irlandais – on dit le Taoiseach [Tee-shock]  en gaélique – se doit de préparer délectation et constance. Et la nouvelle grosse ambassade de la République d'Irlande à Washington n'est qu'une 1ère étape.

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