Pour la 1ère fois de l'histoire, les recettes du cinéma en Chine ont dépassé celles des Etats-Unis. C'est le résultat d'une politique murement réfléchie et conduite avec détermination.

Le cinéma chinois à l'attaque. Ici, séance en plein air à Pékin en août 2020
Le cinéma chinois à l'attaque. Ici, séance en plein air à Pékin en août 2020 © Getty / VCG/VCG

Pour la 1ère fois dans l’histoire moderne du cinéma, les recettes 2020 du cinéma en Chine ont dépassé celles des États-Unis. En clair, la Chine est devenue le premier marché cinématographique mondial et ça s’est joué à quelques millions de dollars près :

Depuis le 1er janvier 2020, cinéma chinois a rapporté 2,02Mds$ contre 1,94Mds$ pour Hollywood et l’année n’est pas finie ! C’est vrai que les salles américaines sont sinistrées. En Chine, par contre, on retourne au cinéma depuis début juillet avec des salles remplies aux trois-quarts et simplement des détecteurs de température à l’entrée.

Gel, masques et codes QR restent tout de même obligatoires. En fait, c’est toute l’économie du loisir qui est repartie : les restaurateurs n’auront même perdu en fin d’année qu’un petit 3% - de quoi faire rêver leurs homologues français.

Des salles et des films !

Un peu des deux mon capitaine ! Ça tombe bien la croissance des deux est ahurissante : depuis 2007, le nombre de salles cinémas en Chine a été multiplié par 20, pour atteindre 70 000 ! A titre de comparaison, il n’y a qu’un peu plus de 5 200 salles en France…

Mais vous avez raison, il faut aussi des films et Chinois si possible ! Ça tombe bien, le nombre de productions chinoises a été multiplié par 5 en moins de 10 ans. Aujourd’hui, 85% des films projetés en Chine sont locaux et 8 des 10 plus grosses recettes, aussi.

En 2018, la Chine a produit un millier de films et dessins animés – une autre grande spécialité locale. Les deux seuls pays au monde qui en produisent plus, c’est l’Inde et, on le sait moins, le Nigéria : Bollywood et Nollywood.

Des quotas très stricts de films étrangers

Au début des années 90, les Chinois ne voulaient voir que des films américains. Or le Parti communiste chinois n’a pas voulu que l’adversaire américain monopolise la narration de l’Histoire, de l’avenir et impose ses valeurs aussi facilement !

D’abord, la Chine a instauré un quota très strict de films étrangers : 35 en 2018, 38 en 2019. Ensuite, elle s’est mise à investir massivement en s’appuyant notamment sur l’expérience cinématographique occidentalisée de Hong Kong.

Aujourd’hui, elle triomphe et n’a même plus besoin des films hollywoodiens pour assurer la recette de ses salles. Lorsque les cinémas ont rouvert en juillet, les films américains avaient tous été reportés. Qu’à cela ne tienne, la production locale a pris le relai.

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