Le Parlement grec a autorisé le gouvernement à réclamer à l'Allemagne, au titre des réparations de guerre, 300 milliards d'euros. Une somme énorme que l'Allemagne conteste.

Goebbels visitant l'Acropole, à Athènes en Grèce en 1939
Goebbels visitant l'Acropole, à Athènes en Grèce en 1939 © Getty / Keystone-France/Gamma-Keystone

La Grèce va officiellement demander des réparations de guerre à l'Allemagne. La somme est impressionnante puisque la Grèce réclame à l'Allemagne 300 milliards d'euros au titre de réparations de guerre qu'elle estime ne pas avoir reçu à l'issue de deux accords : l'un en 1960 et l'autre en 1990, à la réunification des 2 Allemagnes.

On a essayé d'être précis : la Grèce est un des pays d'Europe occidentale qui a le plus souffert de l'occupation et des destructions de la Seconde Guerre mondiale. Pour vous donner une idée : en proportion, il y a eu trois fois plus de morts en Grèce qu'en France.

Des villages entiers ont été détruits mais surtout, les Nazis se sont servis sans vergogne. Les Grecs ont dû payer pour leur occupation, les Nazis ont pris l'or de la banque centrale et ont forcé Athènes à leur « prêter » l'équivalent de 10 milliards d'euros d'aujourd'hui.

Une addition salée et calculée par le Parlement

Si vous ajoutez les destructions d'infrastructures – la Grèce a été renvoyée à l'âge pré-industrielle – la facture grimpe très vite. Evidemment, l'Allemagne rétorque qu'elle a déjà payé : en nature et en équipements tout de suite après la guerre et en cash aussi.

Sauf que les Grecs expliquent qu'ils ont toujours négociés en position d'extrême faiblesse. En 1960, par exemple, l'accord conclu avec l'Allemagne portait sur la somme ridicule de 115 millions de Deutsche Marks – environ 70 millions d'euros d'aujourd'hui.

Or, en 1960, la Grèce sortait tout juste ruinée d'une guerre civile : elle avait désespérément besoin d'argent. Et elle ne voulait pas fâcher l'Allemagne alors qu'elle lorgnait sur l'adhésion à l'Europe.

La Grèce est sortie des plans européens... et peut désormais réclamer

Là aussi, c'est intéressant : en 2016, un comité de parlementaires grecs a rendu un rapport détaillant tous les dommages occasionnés par l'occupation et les destructions allemandes. C'est ce rapport qui a abouti à la somme fabuleuse de 300 milliards d'euros.

Or, en 2016, la Grèce était en plein programme européen de sauvetage. Donc, avant de fâcher les Allemands, les Grecs ont attendu de sortir de ce plan de sauvetage drastique.  

C'est fait depuis l'été dernier ! Encore fallait-il trouver le bon moment politique. Un mois avant l'élection européenne et quelques mois avant les législatives a semblé une bonne date politique.

La Pologne veut aussi ses milliards 

Dès mercredi, le président grec, Prokopis Pavlopoulos, en visite officielle en Allemagne, en parlera à son homologue Frank-Walter Steinmeier. Et toc ! Plus sérieusement, l'argent attirant l'argent : un autre pays s'est déclaré très intéressé par la démarche grecque.

La Pologne, elle aussi, a fait ses comptes et pourrait – imitant la Grèce – réclamer 750 milliards d'euros à Berlin ! Enfin, ce chiffre de 300 milliards d'euros correspond, dans l'esprit des Grecs à celui de leur PIB avant la crise. Depuis, il a chuté d'un quart.

Surtout, il n'est pas très loin des sommes prêtées à la Grèce pour son plan de sauvetage : 240 à 260 milliards d'euros, dont 65 milliards par la seule Allemagne. Le message est : vous ne nous avez pas sauvé, c'était juste un prêté, non pour un rendu, mais pour un dû.

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