Par Claude Guibal

L’histoire du jour nous emmène en Inde et nous montre combien le cinéma est loin d’être une simple distraction là-bas

On sait que le cinéma, ça peut rapporter beaucoup d’argent : un demi-milliard de dollars. C’est ce qu’a déjà ramené le dernier avatar de Star Wars en quelques jours. Record absolu.

Pourtant, en Inde, il y avait un concurrent sérieux dans les salles de cinéma. Le film « Dilwale », littéralement « L’amant », sorti la semaine dernière avec à l’affiche, la mégastar Sharhukh Khan. Sharukh Khan dit « le King », acteur, producteur, présentateur télé, bref le roi de Bollywood.

Sauf que Sharukh Khan a eu l’audace, le mois dernier, de donner une interview dans laquelle il a critiqué –attention-« l’intolérance » de son pays. Sharukh Khan a en effet osé émettre le vœu que pour l’année qui vient, l’Inde ne fasse plus de différence entre les castes, les genres, les origines ethniques et surtout, religieuses.

Des propos qui s’inscrivent dans un contexte très particulier, puisque l’Inde est secouée par des tensions religieuses de plus en plus graves . On l’a vu en septembre dernier lorsqu’un homme, un musulman, a ainsi été battu à mort par une centaine de personnes parce qu’il aurait mangé du bœuf. Dans la plupart des états indiens, c’est en effet totalement interdit. Le trafic et la consommation de viande bovine sont traqués par de véritables milices. Il faut dire que l’Inde, c’est environ 80% d’hindous, 14 % de musulmans, et puis des chrétiens, des zoroastriens, des bouddhistes. Depuis l’arrivée au pouvoir l’an dernier du nationaliste hindou Narendra Modi, les affrontements interreligieux n’ont cessé de se multiplier. Le gouvernement est accusé d'inertie face au problème et certains ministres semblent même souffler sur les braises.

Du coup, la sortie de Sharukh Khan – lui-même musulman, a déclenché la fureur des radicaux. Ils ont appelé au boycott de son film, il y a eu des manifestations un peu partout ce week-end en Inde et le film est donc parti pour faire un flop, au point que Sharukh Khan a dû revenir sur ses propos en disant qu’ils avaient été, disons… mal interprétés et qu’on ne pouvait pas véritablement parler d’intolérance en Inde.

Comme quoi, le box office a toujours raison.

L'intolérance et l'indifférence dans la presse mondiale en cette fin d'année

L'intolérance, l'indifférence face au sort des réfugiés. Il ne vous a pas échappé que c'est bientôt Noël. Je résume : c'est quand même l'histoire d'une famille qui fuit la guerre, les persécutions, et dont le bébé finit par naître sur un bout de paille.

Ce matin, le Daily Mail nous parle de cette exposition qui a lieu à Londres, dans l'église St James de Picaddily. Un canot pneumatique gris, trois gilets de sauvetages sont suspendus dans la nef. Ils ont été récupérés sur une plage de Lesbos. « Je voulais montrer que l'histoire de Noël se joue chaque jour sur les plages de Méditerranée » explique l'auteur de cette installation.

Ce matin, le Guardian ouvre ses colonnes à la romancière allemande Jenny Epernbeck

Et elle le dit : la crise des migrants nous force à nous interroger sur nos valeurs?

Vous le savez, le plan de répartition des migrants adoptés par l'Union Européenne déclenche la fureur de certains pays. C'est le cas de la Hongrie dont le ministre des affaires étrangères estime qu'on confond solidarité et stupidité.

Les gens sont pourtant là, dit Jenny Epernbeck. Toutes les décisions du monde ne les feront pas disparaitre. L'Europe doit partager, dit-elle, les fruits de 70 ans de paix. Si elle ne le fait pas, qui le fera ?

Peut-être les Etats Unis, terre de migration. C'est ce que dit l'éditorial du New York Times : Quand l'Allemagne accueille quasiment un million de personne cette année, les Etats Unis pourraient proportionnellement en accueillir 4 millions estime Roger Cohen. Or Barack Obama peine à imposer l'arrivée de 10 000 personnes. Alors le quotidien new yorkais se met à l'allemand ce matin pour interpeller ses lecteurs. « Wir Shaffen Das ». « Nous pouvons le faire ! ».

En d'autres mots : « Just do it ! »

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