Direction la Russie où l'Etat semble avoir une dent contre l'ours Paddington Le gentil, le mignon, l'adorable ours Paddington, le plus britannique des ours en peluche fait trembler le Kremlin...

l'Ours Paddington lors de la sortie du film en janvier 2018
l'Ours Paddington lors de la sortie du film en janvier 2018 © Getty / Albert L. Ortega

Qui l'eut cru ? Et pourtant : le 2ème opus filmé des aventures de l'Ours Paddington devait sortir dans les cinémas russes le 18 janvier. Or à la dernière minute, le ministère de la Culture russe a tenté d'en différer la sortie, comme une loi l'y autorise. Scandale ! ne lettre ouverte au ministre a donc été écrite par les propriétaires de salles, accusant le gouvernement de censure éhontée. La lettre a fait tellement de bruits que le ministre est finalement revenu sur sa décision et a laissé l'Ours Paddington sortir à la date convenue. Il faut dire que des milliers de Russes avaient déjà réservé leur billets et il aurait fallu les rembourser.  

Mais pourquoi tant de haine contre le gentil ours Paddington ? 

Ce n'est pas son caractère subversif ou anti russe, je vous rassure. Ce n'est pas non plus parce qu'il juge comme un chartier ou boit trop de vodka, sinon il serait tombé sous la coupe d'une autre loi, de 2014 celle là, qui permet d'hygiéniser les films. Non, si l'Ours Paddington effraie tant le ministère de la Culture russe, c'est parce qu'il est trop populaire, figurez-vous. Or ce fameux 18 janvier sortaient en salle deux films bien russes, dont le fameux Going Vertical, dont j'ai parlé ici. Autrement dit, le ministère a eu peur que l'Ours en peluche venu de Londres fasse de l'ombre a des blockbusters russes subventionnés. En Russie 9 films sur 10 sont « aidés » par un fond qui souvent choisi les films les plus Kremlin compatible.  

Mais ça marche de payer pour produire des films ? 

Si vous ajouter le choix de dates de sortie mal placées pour des films étrangers, ça marche plutôt pas mal. Depuis 2011 – ce sont les producteurs et les acteurs qui le soulignent – les recettes des films russes ont augmenté de 120%. En 2016, deux films russes seulement se sont placés dans le top 25 des films les plus regardés. En 2017, ils étaient 4 dans ce classement. Mais le combat ne fait que commencer : les films russes ne représentent encore que 18% de part de marché.  

On part au Chili qui voit débarquer de plus en plus d'Argentins... 

C'est un peu le monde à l'envers ! Depuis toujours, les riches et les bien fournis, ce sont les Argentins et les Chiliens ont toujours eu une sorte de complexe d'infériorité face à leur voisin. Ou les Argentins, un complexe de supériorité... C'est comme on veut ! Sauf que Cristina Kirchner, l'ancienne présidente argentine, très proche de Chávez et de sa révolution bolivarienne, est passée une dizaine d'années par le pouvoir et qu'elle a taxé toutes les importations étrangères, histoire de protéger l'industrie locale. Résultat : tout ce qui relève de la mode, de l'électroménager, de l'électronique grand public – les portables par exemple -, sont en Argentine beaucoup plus cher qu'en Europe ou aux Etat-Unis. Les Argentins se précipitent donc dans ce pays quasiment détaxé qu'est le Chili voisin... Renversant ainsi des décennies de mépris souverain pour les Chiliens. C'est au point que les Argentins commencent à adopter des coutumes chiliennes – comme le Pisco à l'apéro.

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