Le 9 janvier, "Tesla" annonçait l'installation d'une usine près de Berlin. N'en déplaise aux écolos allemands qui fourbissent leurs armes.

Logo de l'enseigne du constructeur automobile de voitures électriques "Tesla"
Logo de l'enseigne du constructeur automobile de voitures électriques "Tesla" © AFP / KENZO TRIBOUILLARD

Tesla en voie de construire sa nouvelle « méga-usine »

Direction Berlin ce matin, où Tesla va construire sa nouvelle « méga-usine ». C'est sa 5e usine et la 1ère en Europe et l'info est un peu passée inaperçue en France. Peut-être par jalousie : encore une usine automobile et encore en Allemagne. Elle sera donc située près de Berlin, cette usine Tesla, et l'accord a été conclu le 9 janvier.

Si je vous en parle maintenant, c'est parce qu'est venu le temps de la contestation. En fait, les résidents n'ont eu qu'à consulter le cahier des charges à la mairie de Grünheide, la ville où sera située l'usine, pour trouver matière à s'inquiéter sérieusement.

Pour bien comprendre, il faut savoir que Grünheide est une charmante bourgade brambourgeoise d'environ 8000 habitants, entourée de lacs et de forêts, au cœur d'une zone naturelle protégée. On respire bien à Grünheide, loin du tumulte berlinois.

Grünheide tremble pour son environnement 

De quelque bout qu'on prenne l'affaire, on ne peut être qu'effrayé : pour construire l'usine, il faut déboiser plus de 300 ha de forêt, l'équivalent de 420 terrains de foot. Il faudra aussi construire une ligne de chemins de fer, pour les livraisons.

Ça n'empêchera cependant 463 camions de devoir alimenter l'usine tous les jours. Par ailleurs, l'usine elle-même fera plus de 700 m de long et emploiera quelques 8 000 personnes, autant de salariés que d'habitants à Grünheide.

Mais le principal problème n'est même pas là : la production de ces voitures nécessitera 300 m3 d'eau par heure et l'entreprise locale de fourniture d'eau a déjà prévenu qu'elle ne serait pas prête à temps : ce qui signifie puiser dans les réserves d'eau potable.

L'eau au cœur de la bataille environnementale 

Vous avez raison et ce n'est d'ailleurs pas un problème de quantité mais de répartition et de qualité de l'eau consommée par cette « gigafactory ». Les habitants craignent pour leurs lacs qui dépendent de la nappe phréatique et pour les eaux usées aussi.

Parce que dans cette immense usine qui à terme devrait produire plus de 500 000 véhicules par an, on produira tous : les batteries, pleine de métaux lourds, il y aura aussi l'atelier de peinture particulièrement consommateur d'eau et polluant.

Donc la mobilisation a commencé avec manifestation à la clé. C'était le week-end dernier. Les partisans de Tesla, eux, font remarquer qu'il y a 20 ans, une usine BMW devait s'installer au même endroit et parlent d'hypocrisie voire de « bobo » attitude.

Berlin n'est plus pauvre, mais toujours sexy

Effectivement : il y a vingt ans, Berlin était « pauvre mais sexy », selon le mot de son maire de l'époque Klaus Wowereit. Donc installer une usine automobile autour de Berlin, qui manquait cruellement d'emplois, était perçu comme une bénédiction.

Vingt ans plus tard, Berlin a rattrapé son retard. Elle qui était une des capitales les moins chères d'Europe, immobilier inclus, s'est beaucoup renchérie et connait même une bulle spéculative sur les loyers et le prix du m2.

Aujourd'hui, une usine même de voitures électriques, est perçu comme une nuisance. Et si vous ajoutez l'influence grandissante des écolos allemands, qui désormais talonnent le parti social démocrate, le SPD, vous obtenez la recette des ennuis à venir pour Tesla.

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