Les Yézidis sont une minorité martyre du Moyen-Orient. Autant dire que l'inauguration du plus grand temple de cette communauté trois fois millénaire en Arménie est porteuse d'espoir pour l'avenir. On part en Arménie ce matin, pour l'inauguration d'un temple yézidi.

Inauguration d'un temple yézidi : vingt-cinq mètres de haut, entièrement de marbre blanc venu d'Iran et de granit poli, de forme ronde avec huit absidioles couronnées de huit flèches de pierre et une rotonde centrale
Inauguration d'un temple yézidi : vingt-cinq mètres de haut, entièrement de marbre blanc venu d'Iran et de granit poli, de forme ronde avec huit absidioles couronnées de huit flèches de pierre et une rotonde centrale © AFP / Karen MINASYAN

Vingt-cinq mètres de haut, entièrement de marbre blanc venu d'Iran et de granit poli, de forme ronde avec huit absidioles couronnées de huit flèches de pierre et une rotonde centrale au toit conique surmonté d'un soleil doré à l'or fin.

C'est simple, le Quba Mere Diwane est d'ores et déjà le plus grand temple yézidi au monde. Vous me direz qu'il n'a pas beaucoup de concurrence... Beaucoup des temples yézidis d'Irak ont été détruits à compter de 2014 et la persécution de l'Etat islamique.

Le nord de l'Irak qui était jusqu'à cette date la patrie de 90% des 700 000 Yézidis recensés dans le monde, dont 35 000 en Arménie. C'est donc à 35 km d'Erevan, la capitale, que vient d'être inauguré cette merveille immaculée faisant face au soleil.

Une communauté yézidie en Arménie centenaire

Oui et non : Au regard de l'ancienneté de la religion yézidie, elle est toute récente : le culte yézidi est un monothéisme qui dérive du zoroastrisme, une tradition trois fois millénaire, avec des emprunts à toutes les religions révélées.

Donc, cette communauté installée en Arménie il y a à peine un siècle est un souffle temporel en comparaison. Par contre, elle s'est installée-là pour les mêmes raisons qui ont poussé les Arméniens à fuir la Turquie ottomane : les massacres de 1915.

D'ailleurs, accueillis en Arménie depuis donc un siècle, les Yézidis s'appellent eux-mêmes le « peuple aux 72 génocides ». C'est dire si les persécutions de l'Etat islamique étaient loin d'être les premières de l'Histoire.

L'espoir d'une renaissance pour les Yézidis...

En tout cas, c'est comme cela qu'il a été inauguré : avec des chanteurs sacrés venus d'Irak, les qewwals, des représentants de la diaspora européenne et américaine ainsi que des dignitaires du Conseil spirituel yézidis d'Irak et même des miliciens et des vétérans.

Vingt mille personnes pour inaugurer ce temple grandiose qui a vu le jour grâce à la fortune d'un yézidi, propriétaire d'un centre commercial moscovite. Tous ont convergé vers l'autel central surmonté d'un paon en pierres semi-précieuses.

Le paon, c'est la représentation de leur archange, malek el tawus. C'est d'ailleurs ce fameux paon qui leur a valu la haine des islamistes radicaux qui les accusent d'idolâtrie.

Des milliers de Yézidis ont d'ailleurs été tués ou capturés lors de la bataille de Sinjar, entre août et novembre 2015. Des centaines de femmes yézidies ont, à cette occasion, été capturées, réduites en esclavage et violées.

La plus connue d'entre elle, est évidemment Nadia Murad, dont le combat pour les femmes yézidies violées lui a valu le prix Nobel de la paix 2018.

D'ailleurs, parmi les statues qui ornent les abords du temple flambant neuf d'Aknalich il y a justement celle de Nadia Murad, déjà entrée au panthéon des héros yézidis et qui était une des plus fleuries et des plus révérée pour cette inauguration porteuse d'espoir.

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