Dans la presse burkinabée...

Et ce alors que la situation au Burkina Faso est encore ce matin assez confuse : coup d'état militaire d'un côté, contre-offensive des forces armées loyalistes de l'autre. Et au milieu, l’un des plus anciens quotidiens d'Afrique francophone, L'Observateur Paalga .

Pas facile de choisir un camp et de s'y tenir lorsqu'on est un journal burkinabé, c'est-à-dire fragile. Saluons nos confrères journalistes de l'Observateur Paalga : à la une, la quotidien est très clair : il titre « Coup d'état = félonie ».

Le quotidien parle de la « désinvolture de quelques officiers, sous-officiers et hommes du rang, félons qui ont pris en otage le président Michel Kafando, le 1er ministre, Yacouba Isaac Zida, avant de transformer leur forfaiture déjà gravissime en coup d'état ».

Le tout pour, je cite toujours, « pour flinguer un renouveau démocratique qui était sur de bons rails ». En clair, L'Observateur Paalga prend parti pour la légalité et je lui tire mon chapeau depuis Paris.

Et comme on est tout de même en Afrique, je vais finir cet hommage par un sourire et donc par un proverbe africain cité par le journal : « Les défauts sont semblables à une colline, vous escaladez la vôtre et vous ne voyez que ceux des autres ».

L'histoire du jour à Prague en Tchéquie

Avec cette simple question que je vous pose à tous : jusqu'où doit-on aller pour aider les SDF dans les rues de la capitale tchèque ? Ils seraient entre quatre et six cent mille sans domicile fixe à Prague. La question, posée avec une initiative assez hallucinante, d'une ONG Tchèque.

Faire des SDF praguois, des bornesWiFi vivante : vous prenez un SDF, vous lui mettez un routeur WiFi dans la poche ou dans le sac à dos et vous lui demandez de porter un T-Shirt avec écrit dessus : WiFi gratuit.

Un quart des SDF travaillent, selon l'Insee
Un quart des SDF travaillent, selon l'Insee © MaxPPP / Nicolas Vallauri

Le routeur – et donc le SDF – ont une portée d'une vingtaine de mètres, vous ajoutez quelques prises électriques au dispositif (pour que les Praguois puissent en plus recharger leur smartphones ou leurs tablettes) et le tour est joué.

Pour assurer ce petit service, le SDF a une obligation : rester environ huit heures au même endroit, disons sur la place Wenceslas ou le pont Charles. En échange, il est logé dans un foyer, habillé, nourri et on lui donne un peu d'argent de poche.

Pour le moment un seul SDF s'est porté volontaire : Radim, SDF depuis 35 ans, vend des fleurs au coin d'une rue de Prague et qui est donc le premier à porter le fameux T-Shirt : Wifi Gratuit.

Lui, ce qu'il en dit, c'est qu'un sou est un sou et un boulot, c'est un boulot même petit : «Qui voudrait m'employer ? sérieusement , ajoute-t-il, avec mon âge et mon arthrose ». L'ONG, elle, n'est pas peu fière de sa trouvaille et essaie de la financer grâce à Internet.

Moins convaincu sont les travailleurs sociaux de la ville de Prague et un sociologue qui travaille avec les SDF depuis des années, Libor Pruky, qui trouve le projet un rien dégradant et surtout très superficiel : travailler avec les SDF c'est du long terme.

A vous de juger, maintenant. Au fait : il y a donc de 4 000 à 6 000 SDF dans les rues de Prague, environ 7 500 dans les rues de Londres et près de 30 000 à Paris. Histoire d'avoir quelques équivalences en tête.

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