Ce crabe, ce n'est pas pas n'importe quel crabe ! Il s'agit du crabe poilu du lac Yangcheng, à l'embouchure du Yangzi, près de Shanghai.

  • En Chine, c'est le jour du crabe poilu

Attention, vous pensez certainement aux vulgaires crabes poilus qu'on trouve dans pas mal d'endroits de Chine... mais je parle bien des crabes poilus de Yangcheng, qui depuis des centaines d'années sont réputés pour leur chair crémeuse et qui sont un mets d'empereur avant de devenir un plat de choix dans les meilleurs restaurants du sud du pays.

C'est simple : un crabe poilu d'origine vulgaire mais de bonne taille coûte déjà autour de 60€ l'unité. Alors ceux du Yangcheng, imaginez !!! On raconte qu'en 2009, un homme d'affaires chinois a dépensé près de 130 000 € pour 11 paires de crabes poilus du lac Yangcheng. Aujourd'hui même commence en Chine le festival de la mi- automne, une des deux grandes fêtes – avec le nouvel an – traditionnelles en Chine et donc, des milliers de crabes poilus vous être engloutis.

Le problème n'est pas que les Chinois raffolent de crabes poilus du Yangcheng. Le problème, c'est qu'ils en veulent tous, au même moment et le plus possible. Or le lac Yangcheng fait à peine 20km2 : en clair, il est matériellement impossible d'assouvir l'appétit des quelques 100 millions de Chinois qui forment désormais la première classe moyenne au monde, devant la middle class étasunienne.

Comment faire pour répondre à cette demande exponentielle ? D'abord, en se rabattant sur des crabes poilus du lac Tai ou Gucheng. Mais c'est beaucoup moins prestigieux. La deuxième solution, c'est une autre spécialité chinoise : la contrefaçon !

On pense en effet que 9 crabes poilus du Yangcheng sur 10 sont des faux. La technique la plus simple, c'est de prendre un vulgaire crabe poilu ordinaire et de lui coller un certificat d'origine contrefait. Mais il y a plus subtil. Pour obtenir la certification « crabe poilu du Yangcheng », des petits malins ont trouvé une parade : il font venir des crustacés de toute la Chine et les trempent quelques jours dans les eaux du Yangcheng et hop le tour est joué : le prix est multiplié par 10 ou 100 !

  • Plongée dans la presse locale américaine : celle de Charlotte, en Caroline du Nord

On l'oublie toujours, mais la presse américaine c'est avant tout une presse locale. Des milliers de quotidiens, hebdos locaux qui forment un tissu unique au monde. Rien que pour la Caroline du Nord, un état de 10 millions d'habitants, il y en a une centaine !

Mais aujourd'hui je me suis plongé dans le Charlotte Observer alors que cette ville de 800 000 habitants est plongé dans une seconde nuit d'émeutes et de protestations suite à la mort, des mains de la police, d'un afro-américain, Keith Lamond Scott.

L'éditorial du Charlotte Observer est prudent :

Keith Lamond Scott portait-il une arme, comme l'assure la police, ou un livre, comme l'explique la famille ? Une chose est certaine : la police doit diffuser les images en sa possession de l'intervention.

Or, c'est ce que la police de Charlotte refuse de faire depuis deux jours, alimentant les suspicions. Pour le quotidien, ces manifestations qui dégénèrent « ressemblent à celles qui ont submergé Fergusson, Baltimore ou d'autres villes américaines ».

Même si nous louons la retenue policière lors des émeutes de la nuit de mardi à mercredi, alors que 16 policiers ont été blessés, notre ville – et les Etats-Unis en général – font face à un problème plus vaste de méfiance vis-à-vis des méthodes policières.

Et le quotidien de conclure son éditorial : « nous valons mieux que cela. Rassemblons-nous et prouvons-la à la nation toute entière ».

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