Le Parlement européen a reçu une lettre d'explication du sultanat de Brunei à propos de ses lois instaurant la lapidation pour les gays et les adultères. Lisons-la !

Hassanal Bolkiah sultan de Brunei
Hassanal Bolkiah sultan de Brunei © AFP / NC

Les parlementaires européens ont donc reçu une lettre du sultanat de Brunei. Une lettre de justification et surtout d'explications. Il y a quelques semaines, en effet, ce petit Etat indépendant, grand comme les deux-tiers de la Corse et situé sur l'île de Bornéo, qu'il partage avec l'Indonésie et la Malaisie, effarait le monde avec des lois.

Des lois qui instauraient la charia pour tout un ensemble de crimes et délit, aux yeux de la loi islamique, dont l'homosexualité et l'adultère. On est donc en 2019 et cette monarchie absolue introduisait la lapidation mais aussi la mutilation en cas de vol.

Immédiatement, l'Occident appelait à des sanctions : campagne de boycott d'hôtels de luxe que le sultanat possède dans le monde entier et exigence d'annulation de visas de tourisme pour les membres de la famille royale élargie.

Un embargo sur le pétrole punirait la population toute entière

Le Sultanat est une éponge à pétrole et, avec moins d'un demi-million d'habitants, il exporte l'essentiel de sa production. Mais avant de faire mal au portefeuille du pays tout entier, il est de bonne politique que de vouloir faire mal au prestige et vacances dispendieuses du Sultan et des princes.

Le sultanat de Brunei est une des dernière monarchie absolue du monde, avec l'Arabie saoudite, les monarchies du Golfe, le Liechtenstein et le Maroc. Et la famille régnante est une caricature pour papier glacé.

Le prince qui aimait les bébés tigres

Les magazines et les sites internet « people » du monde sont emplis des frasques des princes, des rejetons de cette famille royale richissime. Il faut dire que le sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah, en a beaucoup des enfants. Polygamie oblige.

Prenez, par exemple, le prince Abdul Mateen, 27 ans, aucune chance de jamais monter sur le trône, il est le dixième enfant et le quatrième fils du Sultan issus de sa 2e épouse, et pourtant, son style de vie est – comment dire - délirant.

Surtout dans une région, l'Asie du Sud-est, qui sort du sous-développement. On peut suivre sur les réseaux sociaux son amour des bébés tigres, qu'il achète des centaines de milliers de dollars pièce, pour les voitures de luxe, pour les montres à millions.

Flageller mais pas trop, ni trop fort

Le sultanat explique que toute cette agitation autour de quelques lois montre l'incompréhension de l'Occident vis-à-vis de la culture islamique locale. Un exemple ?

Pour faire condamner un homosexuel à la lapidation, il faut deux témoins visuels à la moralité irréprochable. Sous-entendu : ce qui dans l'entourage d'un homosexuel est évidemment très compliqué à trouver. Tout est vice, c'est bien connu !

Enfin, il y a cette explication sur la flagellation : le bourreau ne doit pas lever le fouet au dessus de la tête, ni lacérer les chairs, ni briser les os. Les coups ne doivent être infligés ni sur le visage, ni sur le ventre, ni sur la poitrine, ni sur les parties génitales.  

Bourreau au sultanat, c'est un boulot de technicien supérieur ! En clair, toute cette agitation est un vaste malentendu. Allez, on les prive de vacances et de shopping.  

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