Par Claude Guibal

L'histoire du jour nous emmène en Grèce où lorsqu'on meurt, on a intérêt à être plutôt très riche si on est très croyant

Juste avant de mourir, il y a quelques semaines, l'acteur grec Minas Hatzisavvas l'avait précisé. : pour lui, pas question de se faire enterrer, mais plutôt incinérer. Un vœu testamentaire qui a fait resurgir la polémique en Grèce. Vous le savez, la très sainte et très puissante église grecque orthodoxe interdit la crémation, puisque pour permettre la résurrection des corps, il faut être enterré, disons... d'un seul morceau.

Problème : en Grèce, la terre est rare et chère. Les cimetières sont pleins comme des œufs. Pour éviter la congestion dans ces cimetières, si vous n'avez pas les moyens de vous acheter une concession à perpétuité (cela peut aller jusqu'à 150 000 euros) l’Etat vous déloge au bout de trois ans.

Je passe sur les détails à l'heure du petit-déjeuner, sachez juste que le processus, en présence obligatoire d'un membre de la famille, est extrêmement éprouvant et les restes finissent au mieux dans une petite boite, bien rangée dans l'ossuaire. Ou dissous avec force produits chimiques.

Bref, un moment très traumatisant pour les familles, qui préfèreraient avoir recours à la crémation.Sauf que ce n'est pas possible. En 2006, la gauche a réussi à porter le problème devant le parlement. Théoriquement, l'Etat a levé l'interdiction légale qui pèse sur l'incinération. Mais les crematoriums promis, eux, ne sont toujours pas construits.

Du coup, des dizaines de milliers de Grecs continuent d'entamer de lourdes et tristes démarches pour faire sortir leurs morts en Allemagne ou en Bulgarie voisine, et les ramener dans de petites urnes. Car la mort est un métier, ne l'oubliez pas, qui rapporte de l'argent, beaucoup d'argent. Et l'Eglise n'a apparemment pas l'intention de lâcher l'affaire, même si dans le ton, on commence à constater des inflexions.

Petit rappel : il n'y a toujours pas de séparation de l'Eglise et de l'état en Grèce, l'orthodoxie est religion d'Etat. Même si elle fait preuve de bienfaisance et doit désormais se soumettre aux mesures d'austérité, elle continue à bénéficier de privilèges, y compris fiscaux et reste une des principales fortunes du pays. Ainsi soit-il...

Pas de sujets beaucoup plus réjouissants dans la presse ce matin

J'ai bien cherché une thématique plus riante, histoire de ne pas plomber la chronique de Frederick Sigrist, mais il a fallu que j'ouvre le New York Times pour tomber sur cet article: la découverte et l'analyse d'un document de l'armée américaine. On y voit des colonnes de codes, de lieux et de chiffres : la liste des cibles à bombarder avec des bombes atomiques en cas de guerre contre la Russie. Cela vaut, rassurez-vous pour l'année 1959. On y trouve les sites agricoles, militaires, et puis la catégorie 275.

Cette catégorie 275, c'est la population. Celle des centres villes de Berlin Est ou de Moscou. Une façon de piétiner les accords de Genève qui sont censés protéger civils et humanitaires des actes de guerres.

Mais entre la théorie et la pratique, il y a un monde et ces actes de guerre, rien de nous en protège. On le voit en Afghanistan où souvenez-vous un hôpital de MSF a été visé récemment par un bombardement.

L'Afghanistan qui continue de faire la une de la presse américaine,USA Today ou le Washington Post qui titrent sur la mort de 6 soldats dans une attaque suicide à Kaboul.

C’est le cauchemar d'Obama qui se réveille, lui qui ne veut plus envoyer de troupes au sol à travers le monde, pour ne plus voir de soldats rentrer dans des cercueils. Pour se sortir de ce bourbier afghan,Politico dresse pour le président américain une liste des priorités ; et selon lui, la première, c'est de renvoyer des troupes en Afghanistan. Décidément, la guerre elle aussi a de beaux jours devant elle.

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