C'est ce qu'ont découvert des Britanniques en ouvrant les cartes de vœux qu'ils venaient d'acheter. Un message déjà écrit qui fait froid dans le dos, et ce n'est pas la première fois...

Des cartes de vœux déjà écrites, découvertes par des Britanniques
Des cartes de vœux déjà écrites, découvertes par des Britanniques © Getty / Bashir Osman's Photography

On part en Grande-Bretagne ce matin, pour une drôle d'histoire de Noël...  Imaginez-vous un instant dans la peau d'une petite Britannique de 6 ans. Comme tous les sujets de Sa Gracieuse Majesté, vous pensez cadeaux, repas de Noël et, comme vous êtes indécrotablement british, vous pensez carte de vœux de Noël. C'est une tradition solidement établie au Royaume-Uni, bien plus qu'en France. Aux alentours de Noël, les librairies mais aussi les supermarchés vendent des milliers de cartes de vœux décorées de chatons-père Noël, de gentils elfes et de paysages enneigés.  Cette fois-ci, vos parents en ont achetés chez Tesco, l'équivalent de Monoprix, Leclerc ou Casino. Vous vous préparez à écrire à votre vieille tante ou votre voisine irascible. Et quelle n'est pas votre surprise de découvrir que l'une d'entre elles est déjà écrite... 

Comment ça déjà écrite ?

Quelqu'un a écrit en anglais et en lettre capitale.

Nous sommes des prisonniers étrangers de la prison de Qingpu de Shanghai. Nous travaillons contre notre volonté. Aidez-nous et prévenez les ONG de défense des droits humains.

Et le message se conclut par ces quelques mots : "Contactez Mr Peter Humphrey". Étonnée, vous passez la lettre à vos parents qui croient à une mauvaise blague, mais qui vérifient. Or il se trouve que le Peter Humphrey en question n'est pas un inconnu. Il s'agit d'un enquêteur privé qui, justement, a été retenu 9 mois, en 2014 dans cette prison de Shanghai. C'est lui qui a immédiatement été convaincu du sérieux de cet appel au secours et qui a prévenu le très sérieux Sunday Times de Londres.

Comment a réagi le supermarché où ont été achetés ces cartes ?

Très mal et surtout, immédiatement. Aussitôt l'article paru, c'était hier, les responsables de Tesco ont immédiatement retiré toutes les cartes produites par ce fournisseur chinois des rayons et exigé la suspension des livraisons et de la production. Ils ont aussi publié un communiqué : "Tesco abhorre l'utilisation du travail forcé des prisonniers" et ajoute que le fournisseur en question a fait l'objet, "pas plus tard que le mois dernier, d'une enquête en règle qui n'a rien permis de soupçonner". Quant à Peter Humphrey, il a pu contacter sur place d'anciens prisonniers de cette prison qui lui ont confirmé avoir effectivement choisi les images – les fameux chatons père-Noël – et les avoir empaqueté pour Tesco et d'autres depuis au moins deux ans.

Ce n'est pas la 1ère fois que ça arrive !

En 2017 déjà, une de ces cartes de Noël venues de Chine avait déjà été découverte dans le comté d'Essex. Cette fois-ci le message de SOS était écrit en chinois : "Je vous souhaite chance et bonheur. Prison de Guangzhou. District n°6".  En 2014, en Irlande du Nord cette fois, c'est une note découverte dans des pantalons expliquant que des prisonniers avaient confectionné ce vêtement : "15 heures de travail par jour et la nourriture que l'on ne donnerait pas à des chiens", ajoutait le mot. Et je pourrais presque multiplier les exemples à l'infini. Et comment pourrait-il en être autrement – là ce sont les ONG spécialisées qui parlent – lorsqu'au bout de la chaîne, dans les supermarchés britanniques, la dizaine de cartes se vend pour moins de 2 euros.

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