Le slogan d'Inge Schmid, 57 ans, quatre fois mère et quatorze fois grand-mère, c'est : «Votre homme pour l'Appenzell Rhodes Extérieures»!

Appenzell Rhodes Extérieures
Appenzell Rhodes Extérieures © Getty / JTB Photo

Derrière ce slogan, il y a d'abord la volonté de provoquer. L'Appenzell Rhodes Extérieures est l'avant-dernier canton a avoir accordé le droit de vote aux femmes (1989). Plutôt demi-canton. Il y a des cantons et des 1/2 cantons suisses. Or il se trouve que si Inge Schmid n'est pas élue en février, ce demi-canton d'Appenzell Rhodes extérieures sera dirigé par un collège exclusivement masculin jusqu'en 2019. D'où la provocation de la dame qui a voulu dire : "je vaux bien un homme, donc élisez-moi".

Jusqu'ici tout va bien : elle semble être dans la droite ligne d'une candidate, allemande cette-fois, qui, en 2015, avait fait campagne à Hambourg avec le même slogan : "notre homme pour Hambourg", histoire de dénoncer le machisme en politique.

Le problème est qu'Inge Schmid fait campagne pour l'UDC, un parti d'extrême-droite, ou populiste si on veut, qui défend mordicus la Suisse traditionnelle, ses valeurs chrétiennes et familiaristes.

D'ailleurs, Inge Schmid explique elle-même qu'elle n'est « surtout pas féministe » et qu'elle met en avant pour se faire élire « des qualités considérées comme masculines : engagement politique à côté du travail ou construction d’un réseau fort ».

Donc, son slogan suggère qu'en l'élisant, les Appenzellois (Rhodes extérieures, toujours), voteront pour un homme comme les autres. C'est bien là le problème : avec ce slogan, ses adversaires - mais pas que - l'accusent de perpétuer le stéréotype sexiste.

D'abord, elle explique qu'il s'agit d'humour Appenzellois auquel visiblement personne ne comprend rien. Ensuite, que si son slogan avait été « votre femme pour l'Appenzell », les médias n'en auraient pas parlé. Ce qui, avouons-le, est assez vrai.

  • Une revue de presse étrangère autour de Benoît Hamon.

En commençant par cette question posée en une du quotidien suisse Le Temps : « l'élection présidentielle de 2017 était-elle vraiment l'enjeu de cette primaire «citoyenne» ? A voir la nette victoire de Benoît Hamon, la réponse est plutôt non »

Quant à Benoît Hamon, la Tribune de Genève explique qu'il « a de fortes chances de l'emporter dimanche prochain » et qu'il pousse vers « la retraite politique Arnaud Montebourg qui « rejoint Hollande, Sarkozy et Juppé dans le cimetière des éléphants ».

En Grande-Bretagne, le Guardian doit passer un peu de temps à expliquer aux Britanniques qui est Hamon et ça donne : « Hamon, cet ardent outsider gauchiste qui veut taxer les robots et légaliser le cannabis. Hamon, ce « dark horse ».

Un « cheval sombre » qui intéresse aussi les Espagnols. Parce qu'il fait chuter leur champion Manuel Valls, le catalan de l'étape socialiste dont la défaite est qualifiée de « lourde » par El País.

« Les militants et sympathisants de gauche censurent le mandat controversé de François Hollande et son héritier Manuel Valls. Hamon, appuyé par des députés socialistes rebelles qui ont gâché les mandats de Valls et Hollande ». Amer les Madrilènes.

Enfin, à Rome La Repubblica résume la semaine à venir en une « lutte éternelle entre les deux âmes de la gauche, mais avec un nouveau protagoniste : Benoit Hamon ».

Comme à droite, les électeurs ont déjoué les prévisions et écarté les deux favoris pour mettre en tête le troisième homme qualifié cette fois « d'inconfortable » par La Repubblica.

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