Entre le Japon et la Russie il y a l'archipel des Kouriles. Un chapelet d'îles et d'îlots presque entièrement inhabité mais qui empoisonne les relations entre les deux pays... et empêche depuis 70 ans la signature d'un traité de paix.

Le Mont Chirip sur Iturup en juillet 2005 (ïles Kuriles)
Le Mont Chirip sur Iturup en juillet 2005 (ïles Kuriles) © Getty / The Asahi Shimbun

Le Premier ministre japonais était hier à Moscou pour parler... paix avec la Russie ! Eh oui ! la Russie et le Japon non jamais signé de traité de paix depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce n'est pas une exception dans la région. C'est aussi le cas, des 2 Corées, qui n'ont signé qu'un armistice en 1953.

En fait, si les deux pays sont, virtuellement, en guerre depuis 70 ans, c'est à cause d'un chapelet d'île qui s'étend sur 800 km entre Hokkaido la Nipponne et Sakhaline la Russe :

Les îles Kouriles. Des îles annexées par la Russie en 1945 et revendiquées depuis par le Japon qui les appelle les « territoires du Nord ». Au delà du symbole, c'est très important stratégiquement pour le Japon : il suffit d'ouvrir une carte.

La Russie à quelques centaines de mètres des côtes japonaises...

Souvenez-vous de Sarah Palin, la candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis en 2008 ? Elle avait fait rigoler la Terre entière en expliquant qu'elle « pouvait voir la Russie depuis sa fenêtre ». Elle était à l'époque gouverneure de l'Alaska.

Eh bien, les habitants d'Hokkaido, eux, peuvent littéralement voir la Russie depuis leur fenêtre : il n'y a que quelques kilomètres de mer entre la 1ère des îles Kouriles et le territoire japonais. Même si, historiquement, l'affaire est plus complexe.

En 1905, le Japon remporte une guerre éclair contre la Russie. Les Japonais en profitent pour récupérer toutes les îles Kouriles et la moitié de l'énorme île de Sakhaline, grande comme 2 fois la Belgique, et très russe pour le coup.

1945 est loin et, en 2019, la richesse du Japon pourrait aider

Et le Japon a des arguments sonnants et trébuchants à faire valoir : 3e économie du monde et la Russie est impécunieuse. C'est simple : à population égale, le Japon est 3 fois plus riche que la Russie.

En 1997, par exemple, le président russe de l'époque, Boris Eltsine, a bien failli les rendre, les Kouriles. La Russie était en pleine crise, avait besoin de cash.

Mais ça ne s'est jamais fait et pour une raison qui pourrait aujourd'hui encore poser problème : les Russes du commun sont particulièrement chatouilleux sur deux points : leurs acquis sociaux, comme la retraite ou la sécurité sociale, et la Grandeur de leur pays.

Poutine, ce tacticien hors pair

Il faut s'attendre à tout avec Poutine. Après tout, il a déjà rendu des territoires, mais à la Chine cette fois. Quelques centaines de kms2, rien de bien grave. Mais tout de même. En fait, Vladimir Poutine, en bon tacticien, essaie de pousser son avantage pour l'avenir.

Le Japon est l'allié indéfectible des Etats-Unis. Or c'est compliqué  en ce moment d'être l'allié de Donald Trump. Donc la Russie susurre que les Etats-Unis sont loins et erratiques, alors que la Russie, elle, est si proche et si solide.

L'idée – lointaine je vous l'accorde – serait de signer un traité de paix et donc une sorte d'alliance entre les deux pays. En plus, Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, est... comment dire... ouvert à la discussion.

Il a juré sur la tombe de son père de récupérer les îles Kouriles et surtout, il s'est rendu 25 fois en 5 ans en Russie rencontrer Vladimir Poutine. C'est plus qu'aux Etats-Unis

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