Ayanna Pressley est députée américaine. Elle est l'égérie de milliers de petites afro-américaines étasuniennes. Il y a quelques jours, elle annonçait qu'elle souffrait d'alopécie, et a fait de cela un véritable acte politique.

Dans une vidéo de plus de sept minutes, la députée américaine Ayanna Presley révèle qu'elle est atteinte d’alopécie. Et en fait un acte politique.
Dans une vidéo de plus de sept minutes, la députée américaine Ayanna Presley révèle qu'elle est atteinte d’alopécie. Et en fait un acte politique. © Capture d'écran / The Root

Direction Washington ce matin, à la rencontre d'une députée américaine démocrate : Ayanna Pressley. Elle est même la première femme noire a avoir été élue dans ce coin du Massachusetts, la 7e circonscription, qui englobe, grosso-modo les ¾ de la ville de Boston. Son mandat à débuté en janvier 2019.

Je le précise parce qu'elle fait partie d'une vague inédite de députées femmes de toute d'origine ethnique et culturelle qui ont été élues – surtout côté démocrate – aux dernières élections de mi-mandat en novembre 2018. Dans cette vague, il y a par exemple, Alexandra Ocasio Cortes (AOC pour les intimes), jeune élue démocrate de New York, et qui est devenue l'égérie de la gauche radicale américaine. Mais Ayanna Presley aussi est devenue une icône : elle est brillante, charismatique, encore jeune pour une politique, 46 ans, et très belle.

Après la coupe afro d'Angela Davis, les "tresses sénégalaises" d'Ayanna Pressley 

En général, ce n'est pas vraiment un critère, la beauté, pour une politique. Mais pas forcément dans ce cas précis. Ayanna Pressley a fait de son apparence physique un acte politique. Elle l'explique d'ailleurs elle-même : elle portait jusqu'à présent ce qu'on appelle aux Etats-Unis des « tresses sénégalaises ».

Il y a deux coupes afro-américaines qui, aux Etats-Unis, sont politiquement chargées : il y a la superbe et spectaculaire coupe afro, celle qu'a rendu célèbre dans les années 60, la militante de la cause des femmes noires et des droits civiques, Angela Davis.

Et il y a ces fameuses « tresses sénégalaises », qui elles aussi sont « politiques ». Parce que ces tresses permettent d'obtenir des chignons, des balayages, des queues de cheval, comme les cheveux raides des blancs mais sans utiliser les produits de défrisage.

Une coupe de cheveux qui est un acte politique

Produits de défrisage, qui, par ailleurs, utilisés trop souvent finissent par brûler le cuir chevelu. Parfois de façon irrécupérable. Il y a une deuxième raison à l'aspect politique de ces « tresses sénégalaises » : c'est tout simplement leur origine africaine.

Les porter aux Etats-Unis, c'est donc un plaidoyer pour la beauté noire américaine, et être fière de ses origines africaines. Ayanna Pressley incarnait cela : la puissance, la beauté, la fierté des femmes afro-américaines et elle inspirait des milliers de petites filles noires.

Il faut tout de même savoir qu'aux Etats-Unis, en ce moment même, des Etats sont obligés de faire passer des lois interdisant aux employeurs de discriminer les femmes noires à l'embauche et sur leur lieu de travail parce qu'elles portent des coupes afro !

Révélant son alopécie, elle dévoile sa tête chauve

Ayanna Pressley a mis en ligne il y a quelques jours à peine une vidéo expliquant qu'elle souffrait depuis plusieurs mois d'alopécie. Autrement dit qu'elle est devenue entièrement chauve.

Je pense qu'il est important que je sois transparente sur cette nouvelle vie avec l'alopécie (...) Cette maladie n'est pas quelque chose qu'il faut taire. Au contraire, c'est une partie de mon identité personnelle et de la façon dont je me présente au monde.

En tant que femme noire, le privé est politique. L'histoire de mes cheveux n'est en rien une exception.

Pour l'anecdote, elle a perdu sa dernière mèche le jour du vote en destitution de Donald Trump. Cette femme qui a fait de ses « tresses sénégalaises » le « panache noir » de son combat pour les afro-américaines, perdait une partie de son identité.

Mais sa réaction est à la mesure de la femme puissante qu'elle est : à la fin de la vidéo, où elle parle de son alopécie, elle enlève sa perruque et c'est une nouvelle femme qui apparaît, façon Grace Jones cette fois, Ayanna Pressley est une nouvelle fois sublime.

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