L'Algérie vient d'effacer le "verrou de Médéa" : 53kms d'autoroute qui parachèvent presque la trans-saharienne, cette voie mythique de 4 500 kms dont on parle depuis 1964 ! Mais à quoi servira-t-elle ?

On part en Algérie ce matin, pour l'inauguration d'une nouvelle autoroute. On y est presque : le pont métallique de « Haouch Messaoudi » est à deux doigts d'être achevé et devrait être ouvert à la circulation dès fin août ! C'était le dernier obstacle d'une portion d'autoroute qui atteindra bientôt Médéa !

Et si cette petite portion attire l'attention de toute la presse algérienne, c'est pour une bonne raison : son achèvement efface des années de travaux : 5kms de tunnels, 14kms de viaducs et de ponts dont certaines piles culminent tout de même à 70m de hauteur !

La région est montagneuse et elle a toujours été un barrage entre le nord et le sud. Les quelques routes qui traversaient la région n'étaient pas à la hauteur du 1er pays d'Afrique par la superficie : avec ces 53 kms d'autoroutes achevés, le défi est relevé !

La trans-saharienne en ligne de mire

Ces 53 kms sont une sorte de dernier verrou d'un projet pharaonique dont l'Algérie et l'Afrique de l'Ouest parlent depuis 1964 et dont les premiers kilomètres ont été tracés dans les années 70 : je veux parler de la Trans-saharienne !

Une gigantesque autoroute de 4 500 kms de long entre Alger et Lagos, au Nigéria, dont 2 500 kms en Algérie. Or, ces fameux 53 kms étaient la partie la plus compliquée. Ils viennent compléter une portion de 800 kms déjà achevée entre Alger et El Menia.

Côté algérien, il reste encore 300 kms à aménager. Alors, comme souvent en Algérie, les délais et les budgets ont explosé. A tel point qu'on ignore combien exactement a coûté cette route. Mais bientôt, le Sahara sera rayé d'asphalte neuf !

Six pays, 9 000 kms de voies, 60 millions de personnes desservies 

De ce côté-là aussi, les travaux sont presque terminés : le Nigéria a achevé sa portion, parfois en deux fois deux voies. La partie nigérienne aussi est en bonne voie d'achèvements : la voie Arlit – Assamaka sera terminée cette année.

Mais ce n'est pas tout : cette trans-saharienne Alger – Lagos n'est qu'une sorte de colonne vertébrale sur laquelle d'autres pays comptent bien s'embrancher : la Tunisie a fini sa propre connexion et, à terme ce sera le tour du Mali et du Tchad.

En tout, ce sont plus de 9 000 kms de voies qui devraient connecter 74 centres urbains, dont les capitales de 6 pays africains et, directement, plus de 60 millions de personnes. Donc, oui, les 53 kms algériens sont une vraie information importante de portée continentale.

Où est le port algérien à la hauteur ?

Vous me connaissez bien ! Premier problème, cette magnifique trans-saharienne traverse une région particulièrement troublée, à savoir le Sahel. Donc, c'est un pari sur un avenir lointain de paix mais pas sur le présent.

Un chiffre suffira à vous donner une idée : sur la partie algérienne et jusqu'à la frontière nigérienne, on compte 120 véhicules/jour. Une misère. Ensuite, l'intérêt de cette route est d'amener des produits ouest-africains en Méditerranée... puis ensuite en Europe.

Or l'Algérie ne dispose pas vraiment d'un port de classe internationale. Par exemple, Lorsque le port marocain de Tanger Med, tout neuf, déplace 250, celui d'Alger n'en déplace que 12. Or l'Algérie et le Maroc sont à couteaux tirés. Voilà donc une route d'avenir, la Trans-saharienne, qui devrait le rester très longtemps.

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