Du Times au Sun, en passant par le Telegraph ou The Guardian c'est le premier bilan des victimes qui s'étale en Une des journaux.

A la sortie du Arena Manchester,a près l'attaque terroriste qui a fait de très nombreux morts et blessés
A la sortie du Arena Manchester,a près l'attaque terroriste qui a fait de très nombreux morts et blessés © AFP / Jonathan Nicholson / NurPhoto

Pour le moment, l'ensemble de la presse britannique est littéralement sous le choc, multipliant les informations partielles, publiant des vidéos prises par des téléphones portables, reprenant les témoignages des victimes ou des badauds.

Avec tout de même quelques essais de titres, notamment à la une des tabloïds, comme celui du Daily Mail qui barre son site internet d'un « slaughter of the innocents », « le massacre des innocents » qui résume bien l'horreur et la compassion du moment.

Reste que du Sun au Times en passant par le Telegraph ou le Guardian, c'est avant tout le premier bilan des victimes qui s'étale en une : 22 morts et une cinquantaine de blessés... « pour le moment »... Evidemment.

Tous parlent aussi d'une bombe à clous et d'un attentat suicide, même si, comme toujours en Grande-Bretagne, la police est avare de détails et refuse pour le moment de confirmer ou d'infirmer quoi que ce soit.

Le Guardian, pour sa part, ajoute simplement que ce qu'il qualifie déjà d'attentat terroriste, se produit à un moment où « l'ensemble du pays se trouvait en alerte maximum, ce qui signifie qu'une action terroriste était hautement probable ».

The Independent rappelle pour sa part une évidence : cet attentat est « le pire par le nombre des victimes que la Grande-Bretagne ait connu depuis le 7/7 », c'est à dire les attentats du 7 juillet 2005, qui avaient fait 52 victimes sans compter les quatre kamikazes ».

The Times prend le temps de décrire la scène :

L'atmosphère était à l'euphorie et à l'excitation adolescente hier soir alors que la foule sortait du Manchester Arena après un concert à guichets fermés de la chanteuse américaine Ariana Grande. Des petites filles qui portaient des serre-tête d'oreilles de chats, comme leur idole, souriaient dans les bras de leur parents venus les accompagner, heureuses d'avoir assisté au spectacle. Quelques secondes plus tard : la destruction, la panique et la peur.

Et comme souvent, c'est une photo qui ce matin est reprise partout : celle d'une très jeune fille, en débardeur et jean déchiré, le regard hagard, le bras ensanglanté, la jambe bandée, portée par deux policières.

Quant au Telegraph, il rapporte, comme à chaque fois, la mobilisation des réseaux sociaux, par des parents paniqués qui recherchent leurs enfants dans la confusion, par des Mancuniens solidaires qui proposent d'héberger des victimes, des badauds.

Mais, encore une fois, alors que la presse britannique multipliera les éditions spéciales, parmi lesquelles il faudra faire le tri, alors que le pays est en plein campagne électorale, je retiens le titre magnifique du Daily Mail : « Le massacre des innocents ».

ALLER PLUS LOIN

Aux Etats-Unis, les hôtels ont décidé de s'adapter suite à l'affaire DSK

Vous vous souvenez tous de l'affaire DSK : mai 2011, la suite 2806 du Sofitel de New York, Mme Diallo, la femme de chambre, et Dominique Strauss Kahn accusé d'agression sexuelle. Un coup de tonnerre en plein début de campagne présidentielle.

Vous vous souvenez tous du scandale, des heures de direct depuis New York, de la sidération en France et des centaines de commentaires sur cette affaire. Tout y est passé : défense des femmes, psychologie de l'agresseur, acte manqué, roman, film.

En clair, on a fait de cette histoire ce qu'on fait de mieux en France : on a beaucoup réfléchi. Aux Etats-Unis, on a moins phosphoré mais on s'est posé la seule vraie question qui vaille : comment mieux protéger à l'avenir les femmes de chambre ? Parce qu'au cours de leur carrière, la moitié d'entre elles subiront une ou plusieurs agressions sexuelles...

C'est ce qui est apparu au cours de l'enquête de 2011. 6 ans plus tard, de plus en plus d'hôtels américains installent des « panic buttons » ou, boutons d'alarme,dans les chambres et les suites. Une trentaine d'hôtels de la région de Washington, par exemple.

A Seattle, ce sont carrément les électeurs qui par référendum en novembre ont imposé la mesure. A Chicago, c'est la ville qui veut en faire une norme. Partout aux Etats-Unis, ces systèmes d'alarme sont inclus dans les négociations patronat/syndicat du secteur.

On peut donc effectivement parler de « jurisprudence DSK » ou comment cette affaire a suscité beaucoup de blabla et d'indignation côté français alors que côté étasunien : peu de mots, certes, mais des mesures de protection concrètes.

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