Ce matin pas d'histoire mais une revue de presse entièrement aux couleurs de la Belgique.

En commençant par ce qui émerge des intenses échanges émus et solidaires sur les réseaux sociaux et les sites d'infos : il y eu le « Je suis Charlie » de janvier 2015, le « Pray for Paris » de novembre dernier et il y a depuis hier : « Bruxelles, ma belle ».

C'est d'ailleurs le titre de l'édito du Vif / L'Express qui commence par cette phrase : « Le surréalisme belge en prend pour son grade. La terreur est désormais bien réelle. Palpable. Mais nous n'abandonnerons pas pour autant notre sens de l'humour, notre second degré, notre simplicité. Tu vas me revoir, Mademoiselle Bruxelles, mais je ne serai plus tel que tu m'as connu. Je serai abattu, courbatu, combattu... et farouchement convaincu que notre chère belgitude subsistera. »

Le quotidien néerlandophone De Morgen , pour sa part, tire déjà les leçons d'une journée terrible :

« Après Paris et Bruxelles, le terrorisme est devenu la norme en Europe de l'Ouest. Ce n'est pas nouveau : pensez au terrorisme d'extrême-gauche dans les années 1970 et aux intenses campagnes de violence en Espagne avec l'ETA et au Royaume-Uni avec l'IRA. La différence est, qu'aujourd'hui, le terrorisme affecte plus de pays à la fois et surtout plus de monde. »

L'autre grand quotidien néerlandophone du pays, De Standaard , en devient presque amer : « En expliquant, hier, que Bruxelles était devenu un « enfer », Donald Trump a mis le doigt là où ça faisait mal : en regardant du mauvais côté de la pièce, nous avons effectivement entretenu le parfait bouillon de culture dans lequel a pu se développer à son aise le fanatisme religieux. »

Le bon côté de la pièce étant le vivre-ensemble, la démocratie, le débat et le multiculturalisme qui sont si prégnants en Belgique.

La Libre Belgique , ce matin, continue de mettre en ligne son éditorial d'hier, écrit en pleine sidération, par un directeur de la rédaction choqué et ému, titré : « Rien ne peut justifier cette barbarie », puis : « Ce carnage absolu nous rappelle cruellement, douloureusement que la lutte contre le terrorisme ne sera jamais finie. Face à ces combattants de l’apocalypse, les démocraties doivent, mieux encore qu'hier, s’organiser voire s’armer pour protéger la population. »

Mais, au-delà de ce qu'il faudrait faire ou aurait fallu faire, La Libre voudrait que « notre volonté de vivre, celle du peuple belge et de tous ceux qui sont confrontés à cette pourriture ne faiblisse pas. Nous devons rester optimistes. Faire face, debout. »

Quant au quotidien Le Soir , il a deux messages à faire passer :

Le premier figure en Une de son édition spéciale : « Tenir bon ». Le second est son édito, lui aussi écrit hier dans les premières heures de l'horreur : « Bruxelles n'est plus qu'une sirène ».

« C’est la tristesse surtout qui est infinie, elle suinte des pavés, elle dégouline des trottoirs. C’est le seul mot qui franchit les lèvres, « nos » lèvres, car voilà, c’est bien cela qui achève de nous achever : c’est chez nous, cette « chose », avec cette peur qu’on partage quand on a la chance d’être avec quelqu’un, physiquement, là, dans l’instant : et si un de mes proches, un ami se trouvait dans ces morts propulsés, explosés, sur le tarmac de Bruxelles.»

Vendredi, on avait arrêté Abdeslam, là on a l’impression qu’on paie la facture. « Lâche, aveugle », dit le Premier Ministre, « Odieux » écrivent un Roi et une Reine. La tristesse, on vous disait. Infinie.

Et le quotidien d'ajouter dans une sorte de cri du cœur qu'on a pas l'habitude de lire dans les pages policées du Soir qui a bien des égards ressemblent à celles du journal Le Monde en France : « Putain d’époque »

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