Scandales après scandales, la Maison-Royale espagnole ne parvient pas à se sortir de la boue et des affaires. Cette fois-ci, c'est le père du roi actuel, Philippe VI, qui est touché.

La famille royale du roi Felipe VI d'Espagne. Il est ici le 2e en partant de la gauche. Son père, l'ancien roi Juan Carlos I, est le deuxième en partant de la droite
La famille royale du roi Felipe VI d'Espagne. Il est ici le 2e en partant de la gauche. Son père, l'ancien roi Juan Carlos I, est le deuxième en partant de la droite © AFP / JAIME REINA

Encore une histoire de têtes couronnées, cette fois-ci en Espagne. On se souvient du roi précédent, Juan Carlos. Son règne avait bien commencé (on lui doit d'avoir réinstallé la démocratie en Espagne) et s'est très mal terminé : partie de chasse à l'éléphant au Botswana, maîtresse et soucis de santé à répétition. Un naufrage.

Mais ses ennuis et ceux de sa famille ne se sont pas arrêtés avec son abdication en 2014. En 2018, son gendre est incarcéré pour corruption pour 5 ans et, récemment, une enquête de la Tribune de Genève révélait que Juan Carlos a reçu 65M€ en « cadeau » de l'Arabie saoudite.

La corruption d'un roi 

Chez les Bourbons d'Espagne, on a beau être roi, on n'en est pas moins corruptible : l'argent a été placé dans plusieurs fondations opaques. Le plus gênant est que, si Juan Carlos était le bénéficiaire de cet argent, son fils, l'actuel roi, en était l'héritier.

Plus gênant encore, la Maison Royale d'Espagne savait depuis au moins un an que des enquêtes avaient été ouvertes en Suisse et au Royaume-Uni. C'est là qu'intervient la maîtresse de Juan Carlos : Corinna Sayn Wittgenstein.

Une femme d'affaire allemande qui a détesté la façon cavalière avec laquelle la Maison-Royale espagnole l'a traité et qui a porté plainte à Londres : elle accuse les Services secrets de Madrid d'avoir essayé de récupérer des documents royalement gênants et de l'avoir traquée, voire intimidée.

Un "culebrón" à l'espagnole, mais de très mauvais goût

Tout y est : l'argent saoudien, les fondations offshores, les services secrets espagnols, la maîtresse offusquée et Sa Majesté outragée ! Si je vous en parle maintenant, c'est que devait se tenir aujourd'hui même, à Londres, une première audition devant le juge.

Une audition qui vient d'être reportée pour cause de coronavirus. On peut donc dire que le Covid_19 est le « deus ex machina » de cette pantalonnade royale – on dit plutôt « culebrón » en espagnol. Un virus qui sauve la mise à une monarchie, c'est inédit !

En Espagne aussi, le bilan ravageur du coronavirus (l'Espagne est le 2e pays en Europe le plus touché après l'Italie) a permis à la Maison-Royale d'Espagne de souffler un peu. Première mesure : le roi actuel fait savoir qu'il renie l'héritage de son père et lui coupe les vivres.

La maîtresse offusquée ne va pas arrêter là les révélations

C'est pas gagné ! La deuxième mesure a été de présenter l'actuel roi, Philippe VI, comme le père compatissant de la nation. Mercredi, il est donc apparu à la télévision pour un discours solennel sur le mode : « Tous ensemble, nous vaincrons ce fléau » viral.

Sauf que, pour la première fois en 40 ans de monarchie constitutionnelle, des milliers d'Espagnols ont protesté à leurs fenêtres à coup de casseroles et ce, pendant son discours, réclamant que les 65 millions d'euros planqués par Juan Carlos soient versés aux hôpitaux espagnols.

Et le pire est à venir ! La maîtresse offusquée ne va pas s'arrêter là. Les révélations vont perler comme un supplice chinois et la Justice espagnole a enfin ouvert une enquête. Mais derrière tout cette boue et ce ridicule se cache en fait la seule question qui vaille... Les Espagnols n'ont jamais donné leur avis sur la forme que de leur Etat démocratique : république ou monarchie ? 

Un référendum sur le sujet a toujours été un tabou : Aujourd'hui, 51% des Espagnols sondés approuvent la monarchie... C'est très peu si l'on y réfléchit bien !

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.