Une histoire du jour qui en dit beaucoup de la jeunesse iranienne d'aujourd'hui

Tout a commencé il y a une semaine environ sur Instagram, le réseau social de partage de photos, autour d'une compte comme il en existe des centaines de milliers en Iran. Le compte s'appelle « KerteMeliChallenge », ce qui veut dire, « CarteD'IdentitéChallenge ».

L'idée est toute bête : il s'agit de mettre en regard la photo de sa carte d'identité et une autre prise récemment. Pour comprendre tout l'intérêt de ce défi lancé entre jeunes Iraniens, il faut savoir qu'en Iran, la photo « officielle » est particulièrement surveillée.

Pour les garçons, pas de chapeaux, pas de cravate, pas de coupe de cheveux distinctive, pas de pattes, le front et les oreilles doivent être visibles. Pour les filles, même punition mais avec le voile islamique en plus et évidemment, pas de maquillage ni de bijoux.

L'ennui photographique en somme. Evidemment, en regard de cette photo, même celle de mon chat serait plus sexy. Les Iraniens et surtout les jeunes iraniennes s'en sont donnés à cœur joie : photos maquillées, souriantes, voire sans hijab, la mèche rebelle...

Ce « challenge » est donc une sorte de révolte photographique. Les jeunes sont toujours là où on ne les attend pas. En Iran, peut-être plus qu'ailleurs puisque un tiers des 80 millions millions d'Iraniens a moins de 25 ans ! Ce « challenge » est une façon d'exprimer la déprimante déconnection entre, d'une part, leur vie publique et, d'autre part, leur vie privée. Il faut savoir aussi que ce genre de campagne n'est pas dénué de danger : les autorités peuvent parfaitement sévir : en Iran mettre des photos trop personnelles sur Internet peut être interprété comme un délit. Surtout s'il s'agit de défier le régime. Sauf que ce « challenge »-là est trop subtil pour être condamnable. D'autant que les fans d'Instagram peuvent rappeler aux mollahs que le petit fils de l'ayatollah Khomeini, Ahmad, a lui aussi un compte Instagram où il fait le beau gosse depuis plusieurs années.

Dans la presse internationale ce matin

Dans le Guardian de Londres, une info assez désespérante : suite aux attentats du 13 novembre à Paris, le nombre de délits islamophobes signalés à une hotline dédiée a augmenté de... 300% . Il s'agit pour la plupart d'insultes ou d'agressions sur des femmes portant le voile.

A la une du quotidien argentin Clarín, c'est évidemment la victoire à la présidentielle de l'opposant Macri qui s'étale à la une : 4 millions de voix d'avance tout de même. Un raz de marée. Mais c'est la future Première dame qui intéresse le journal. Elle est décrite de la façon suivante : « Juliana Awada, éduquée pour sourire » (c'est le titre). Puis « élégante et sexy, elle évite la politique, s'habille sans fausse note et son sac à main est signé Hermès ». Je crois n'avoir rien lu de plus sexiste ces derniers temps à la Une d'un quotidien.

Enfin, à la une du quotidien brésilien O Globo , une info qui fait froid dans le dos : 16 barrages miniers seraient au moins aussi dangereux que celui de Mariana, qui a cédé le 5 novembre dernier, causant 11 morts et une véritable catastrophe écologique.

Selon les chiffres obtenus par le quotidien Carioca , ce sont 84 millions de mètres cubes de terre et de boue contaminées qui pourraient ainsi se déverser dans la nature. Mais ce sont surtout 540 000 personnes que ces installations mal entretenues mettent en danger.

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