A Río Gallegos, une grosse ville de Patagonie, un des seuls monuments remarquables est le mausolée érigé en 2010 pour l'ex-président Nestor Kirchner. Mais à quel prix ? Celui de la corruption, répondent les adversaires de sa veuve. A un an de la présidentielle de 2019.

On part en Argentine ce matin. A Río Gallegos exactement, une grosse ville d'une centaine de milliers d'habitants située donc en Patagonie argentine, à 2 500 kms au sud de Buenos Aires. Río Gallegos, ses manchots de Magellan, son musée des pionniers et son mausolée présidentiel.

Parce que la seule chose vraiment remarquable qui soit arrivé dans ce bout du monde argentin, c'est la dynastie présidentielle des Kirchner. Río Gallegos est le fief, le refuge de non pas un mais deux présidents successifs du pays : Nestor et Cristina Kirchner.

Douze années de pouvoir à eux deux, marqué par un vrai drame à l'argentine : la mort subite en 2010 de Nestor. Donc le mausolée dont nous parlons est le sien : édifié à Río Gallegos, 11 mètres de haut, tout de porphyre et inspiré par le tombeau de Napoléon.

Factures gonflées, édifice somptuaire

Parce que la justice argentine soupçonne des sur-facturations dans la conception et la construction de ce splendide mausolée présidentiel et napoléonien. Des factures gonflées, des architectes surpayés et ce, pour au moins un tiers du prix total.

Pour le moment, ce ne sont que des soupçons mais qui sont sensés achever de détruire la réputation de celle qui a voulu et fait édifier ce colossal édifice dans le modeste cimetière de Río Gallegos, à savoir la très controversée Cristina Kirchner, sa veuve.

Il faut comprendre : cela fait trois ans qu'elle a quitté le pouvoir, trois années mises à profit par la justice argentine pour « suivre l'argent des K ». C'est à dire l'argent de la corruption des Kirchner : on parle d'une moyenne de 3 millions de pesos par jour !

La guerre est totale et même religieuse à un an de la présidentielle

Impossible d'en savoir plus aujourd'hui. L'enquête vient à peine de commencer. Ce qui est certain, c'est que la guerre est totale entre le camp de l'actuel président Mauricio Macri et celui de l'ex-présidente qui rêve de se représenter. Tous les coups sont permis.

D'autant que les prochaines élections présidentielles sont dans un an exactement ! Or, a en croire les sondages – qui sont illisibles en Argentine mais qui donnent tout de même une tendance : Cristina Kirchner se rapproche dangereusement de Mauricio Macri.

L'une monte, l'autre descend. Et ça s'explique très bien : l'inflation se descend pas en dessous de 30%, le peso a perdu un cinquième de sa valeur en une année et la pays a même dû avoir recours, une fois de plus, au FMI. Et en plus, il y a le pape François...

La messe de la discorde

Imaginez : François est le premier argentin de l'Histoire pontificale et même le 1er pape sud-américain. Or Sa Sainteté a beaucoup voyagé en Amérique latine, il a même visité le  Chili, le pays voisin que les Argentins adorent détester.

Mais il n'a jamais trouvé le temps de faire étape dans son pays natal. Il se trouve qu'il entretient des relations exécrables avec l'actuel président, qui le lui rend bien : Mauricio Macri n'a rien fait pour s'opposer à la loi sur l'avortement, finalement rejetée.

C'est si vrai que ce weekend, un évêque argentin, créé et soutenu par le pape François, a critiqué la politique sociale et économique de M. Macri devant des milliers de syndicalistes. Quand je disais que la guerre était totale : même Dieu s'en mêle !

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