L'Alberta mais aussi le Saskatchewan n'en peuvent plus de ces donneurs de leçons ontariens ou québécois : oui, ils polluent avec leurs sables bitumineux mais ils paient aussi pour le reste du Canada. La sécession guette-t-elle ?

Justin Trudeau, Premier ministre canadien
Justin Trudeau, Premier ministre canadien © Getty / Cole Burston

Il n'y a pas que le Québec qui rêve d'indépendance au Canada. Nous savons tous – jusqu'à l’écœurement parfois – ce qu'est le Brexit, mais savez-vous ce qu'est le Wexit ? Déjà, c'est un acronyme formé, comme le mot valise Brexit de West et d'exit : autrement dit la sécession de l'Ouest.

Ouest pour les provinces de l'Ouest du Canada, à savoir tout ce qui est à l'Ouest de Winnipeg. En gros, l'Alberta, le Saskatchewan et une partie de la Colombie Britannique. Les provinces dites de la Prairie. Et il a suffit d'un #Wexit pour relancer l'affaire.

Juste après l'annonce de la victoire de Justin Trudeau, le si glamour Premier ministre canadien, si « fluent » en français et anglais et qui fêtait sa victoire à Montréal, si loin de l'Alberta, le #Wexit est passé de 4 000 à 171 000 fans en quelques heures.

Justin Trudeau, le citadin glamour si loin des cowboys de l'Alberta

La réponse est dans les résultats de son parti libéral dans les deux provinces au cœur de ce mouvement wexiteur : sur les 48 députés que l'Alberta et le Saskatchewan envoient au Parlement d'Ottawa, la capitale fédérale, 47 sont conservateurs.

Autrement dit, la victoire de Justin Trudeau est citadine, ontarienne et en partie québécoise. Le centre très peuplé et l'Est du pays. Mais la division n'est pas seulement électorale, elle est aussi culturelle et profonde :

L'Alberta, c'est la province des sables bitumineux et des cowboys : du pétrole et des vaches, pour être tout à fait clair. C'est aussi une province riche qui, dans une sorte de péréquation nationale, verse des milliards de dollars aux provinces moins fortunées.

L'Alberta paie pour tout le monde ! 

C'est vrai, le problème est le même pour la Catalogne, qui en Espagne, paie pour l'Andalousie ou l'Extrémadure ou encore le Nord de l'Italie qui paie pour le Mezzogiorno mais dans le cas de l'Alberta, le déséquilibre est violent : ça dure depuis 1965 !

Et même lorsque la province a subi une crise profonde entre 2010 et 2015, pas un centimes de l'Etat fédéral canadien n'est allé la soutenir. Pire encore : en Alberta, on a le sentiment de toujours payer et de ne jamais être remercié.

C'est même plutôt l'inverse qui se passe : le Premier ministre canadien, Justin Trudeau donc, a notamment fait campagne sur une promesse : en finir avec les émissions de CO2 à l'horizon 2050. Or, les sables bitumineux de l'Alberta sont dans le collimateur des écolos.

L'Histoire ne ment pas

A extraire, à traiter et même à exporter : à eux seuls, ils représentent 11% des émissions de CO2 du Canada. En plus, pour les évacuer vers les Etats-Unis, le 1er client de ce pétrole, il faut construire des oléoducs.

L'Alberta fait tout pour ça ; les provinces de l'Ontario et du Québec tentent tout pour l'en empêcher, à coup de procès et de lobbying à Ottawa. D'où le sentiment d'abandon des cowboys de l'Alberta qui est aussi culturel, voire historique :

La Canada s'est fédéré autour des provinces de l'Est et du centre – Québec, Ontario, Nouvelle Ecosse et Nouveau Brunswick – en 1867. l'Alberta ne les a rejoint que 40 ans plus tard, en 1905... et à reculons. Alors, le "Wexit" a de beaux jours devant lui.

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