Le ras-le-bol touristique des Vénitiens n'a rien de nouveau.

Vue aérienne de Venise
Vue aérienne de Venise © Getty / nullplus

Cela fait des années qu'une partie d'entre eux s'emporte contre les paquebots toujours plus géants, contre les hordes qui privent leur ville de toute intimité, jour comme nuit.

Mais là trop, c'est trop ! Il y a deux semaines, un Néo-Zélandais totalement saoul s'est jeté à moitié nu du haut du Rialto, le plus célèbre pont de la Sérénissime pour s'écraser sur un bateau-taxi. Grièvement blessé, il récupère dans un hôpital de la ville.

La semaine dernière, c'est une Vénitienne outrée qui empêchait un groupe de touristes en maillot de bain de sauter dans un canal. La vidéo a été vue des centaines de milliers de fois. Et je vous épargne les images de touristes accroupis sur la place Saint-Marc.

Avec quelques chiffres, on comprend tout de suite le problème : Venise reçoit chaque année 22 millions de touristes , c'est à dire moitié moins que Paris mais pour une ville 35 fois moins peuplée. Et le nombre de touristes a encore augmenté de 5% cette année !

A Venise on a presque tout tenté. Les touristes pris sur le fait écopent déjà d'une amende de 250€ s'ils jettent des ordures dans les canaux et 50€ s'ils y plongent. La police locale est déjà forte de 700 hommes.

Mais le niveau de nuisance devient tellement insupportable qu'on a vu fleurir il y a quelques jours des posters dans toute la ville historique où des Vénitiens excédés ont écrit : « Dehors les touristes, vous détruisez notre ville ». Et en anglais, s'il vous plait.

Du coup, le maire, qui a été élu il y a à peine un an, a proposé des mesures drastiques : une nuit au poste pour les touristes avinés ou ceux qui dégradent les monuments. Et pour les cas les plus graves : le bannissement. L'interdiction pure et simple de visiter Venise pour une ou plusieurs années, sur le modèle des supporters de foot violents interdits de stade. Une fois sur la liste noire : plus de réservation d'hôtel, plus de vols et expulsion à la moindre tentative de retour.

Il a le droit de le suggérer ou de demander une loi spéciale. Ce qui est certain, c'est qu'il veut bien sévir mais pas tuer la poule aux œufs d'or ! Il veut donc surtout calmer le jeu et ne pas en arriver à une sorte de numerus clausus  touristique.

Une méthode déjà utilisée par les villages du parc national de Cinque Terre et qui consiste à distribuer un nombre limité de pass pour visiter ces villages médiévaux qui appartiennent au patrimoine de l'Humanité : objectif 1 million de touristes en moins par an.

De toutes façons, la lutte est inégale : jamais il n'y eu autant de touristes dans l'histoire de l'humanité. L'année dernière, on a même battu un record avec un milliard de touristes internationaux. Un milliard de voyageurs, cela représente un septième de l'humanité !

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.