Du Brésil au Liban, la presse internationale commente évidemment l'issue du premier tour de la présidentielle française. Avec un consensus : son caractère révolutionnaire.

La présidentielle française à la une du quotidien brésilien "Folha de S.Paolo".
La présidentielle française à la une du quotidien brésilien "Folha de S.Paolo". © DR

Pour le Washington Post, par exemple, « fidèle à l'esprit de 1789, la France révolutionnaire est décidément en avance sur tout le monde : elle est devenue le premier grand pays occidental à éliminer la structure politique de centre droit ou gauche qui dominait la vie politique européenne depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Pour le Guardian de Londres, « la prise de la Bastille a mis la barre très haut. Aussi, peu d'expressions doivent-elles être utilisées avec plus de circonspection que "Révolution française". Mais le résultat d'hier est une vraie révolte politique. Pour la première fois depuis presque soixante ans de Cinquième République, le second tour opposera deux outsiders ».

Le Temps, de Lausanne, est plus prudent sur la métaphore révolutionnaire... Mais en apparence seulement : « Ce n'est pas le grand soir révolutionnaire qu'aurait souhaité l'extrême-gauche. Mais la rage contre les partis traditionnels, la désillusion vis-à-vis de politiciens corrompus et la volonté de tenter "autre chose" ont mené à la désignation des deux personnalités hors-norme pour s'affronter au second tour. »

"Deux personnalités hors-norme pour s'affronter au second tour", estime le quotidien suisse "Le Temps".
"Deux personnalités hors-norme pour s'affronter au second tour", estime le quotidien suisse "Le Temps". © DR

A Folha de Sao Paulo, au Brésil, explique dans son éditorial son impuissance à comprendre la logique de ce premier tour : « Emmanuel Macron est le produit typique de l'élite et de l'establishment français, et il est tout à la fois : le candidat alchimiste, la fusion des contraires, de droite et de gauche, système et anti-système, la continuité et la rupture, le libéralisme et la protection des plus faibles. »

Le « nouveau golden boy de la politique française »

En Espagne, El País signe un éditorial plus cruel encore, sur celui qu'il appelle le « nouveau golden boy de la politique française ». « Tous les Français sont les bienvenus dans l'arche de Macron, comme tous les animaux l'étaient dans celle de Noé. Et le quotidien espagnol ajoute : « Le voilà maintenant qui frappe à la porte de l'Elysée où règne encore son mentor, son Pygmalion, son père, François Hollande. Ainsi va la victoire de dimanche : elle accomplit une fois de plus l'antique mythe œdipien : Emmanuel Macron a tué le père. »

Le quotidien grec I Kathimerini est carrément solennel : « Le résultat final de l'élection présidentielle déterminera l'avenir de l'Europe » et il ajoute : « La Grèce a été le premier pays à entrer dans la crise et le premier à expérimenter un gouvernement populiste. Il y a désormais des raisons d'espérer que cette parenthèse se referme le 7 mai avec, en France, la première élection post-populiste. Nous en avons désespérément besoin. »

Enfin, au Liban, L'Orient le Jour donne dans le lyrisme pour décrire la soirée d'hier : « Les Français sont rationnels. Les Français sont inventifs. Les Français sont surprenants. Les Français sauront toujours idolâtrer des Louis XIV et guillotiner des Louis XVI. Les Français sont, aussi, pionniers. Aujourd'hui, c'est la structure, c'est l'identité, c'est l'ADN de cette France, lionne superbe et généreuse, hugolienne comme rarement, dont il s'agit. De l'ouverture aux mondes contre la bunkérisation. De la force tranquille contre l'hystérie. C'est surtout de ce nouvel ingrédient qu'Emmanuel Macron a ressuscité dont il s'agit : l'audace. »

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