Par Claude Guibal

L'histoire du jour nous fait voyager en Chine et franchement cela fait peur. !

Tout commence par un jeu, l’une de ces petites applications bêtes et rigolotes comme les réseaux sociaux en proposent en permanence.

Huit géants de l'internet chinois s'y sont associés, comme Ali Baba, le rival d'Amazon, la plus grande plateforme de shopping en ligne avec ses 400 millions de clients, ou Bai-He, le Meetic chinois, ou encore la version locale de Facebook.

Ce qui est bien avec Credit Sesame, c'est son nom, c'est que pour gagner ou perdre des points, vous n'avez pas besoin vraiment de jouer. Un algorithme calcule en effet les données fournies, et cela donne un score.

Un score de bon citoyen, qui permet de voir si vous suivez bien la ligne du parti communiste .

Je m'explique: vous achetez des produits chinois, vous boostez donc la croissance du pays, donc vous gagnez des points. Vous achetez en ligne un gadget inutile importé du Japon ? Vous perdez des points.

Vous postez sur les réseaux sociaux un lien sur la chute de la bourse chinoise ? Vous perdez des points.

Vous vantez la politique sociale du gouvernement ? Vous remontez.

Une allusion à Tien An Men? Ouille !

Pourquoi participer ? Parce que c'est chouette Credit Sesame, ça vous fait gagner plein de trucs. Des bons points et hop! Vous avez des rabais sur les produits, des petits cadeaux. Vous bénéficiez même de facilités pour obtenir un prêt ou un visa pour voyager à l'étranger.

Mais c'est BIG Brother. Vous ne croyez pas si bien dire. Car comme on parle de réseaux sociaux, l'application fait aussi la même chose pour votre entourage, vos fréquentations. Et puisque les scores sont publics, si un ami qui tient des propos anti gouvernementaux, et c'est votre score qui baisse. Résultat, si vous ne voulez pas en pâtir, eh bien, vous allez faire vous même la chasse à ces mauvais citoyens...

Cela vous fait peur ? C'est pas fini ! Selon la BBC, les informations de Credit Sesame - qui sont publiques, donc - devraient être incorporées à la grande banque de données que la Chine prépare pour 2020. Elle fusionnera aussi les informations fiscales, les données personnelles, et même les amendes routières de chacun, ce qui nous donnera l'indice du parfait petit citoyen bien dans les clous. L'outil de contrôle parfait de la population. Bref, si 1984 vous faisait peur, réveillez-vous, 2016, c'est déjà demain.

C’est bientôt la fin de l'année et la saison des voeux bat son plein

En Espagne, c'est le Roi Felipe qui a ouvert la saison des voeux, avec un message que l'on a senti très lourd d'incertitude note El Pais, celles qui pèsent sur l'intégrité du pays avec la Catalogne indépendantiste, puis il y a ces législatives la semaine dernière, sans majorité claire qui se détache.

Le message est beaucoup plus clair en Angleterre en revanche pour le Premier ministre David Cameron, qui lui, y va de ses voeux télévisé, repris parThe Guardian . Et dans ces voeux il a parle de l'Angleterre, pays "chrétien".

C'est la deuxième fois que[ David Cameron qualifie ainsi son pays, un propos qui divise dans une Angleterre où presque la moitié de la population se dit aujourd'hui sans religion.]( http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/david-cameron-christmas-message-pm-to-hail-britains-christian-values-a6785021.html)

Les conservateurs, eux, ont noté avec acidité que Jeremy Corbyn, le chef du Labour, n'avait pas l'intention de s'exprimer pour Noël. Il réserve ses remarques pour le Nouvel an. Il "annule Noël", disent ses adversaires, voilà ce qui attend la grande bretagne si cet homme dirige un jour le pays.

Il faut dire que Jeremy Corbyn s'est quand même fendu d'une carte de voeu, tradition oblige, carte de voeu qui a provoqué la perplexité, je vous l'ai mise de côté, vous pouvez la voir dans The Independant . On y voit juste un vélo sous la neige et les commentateurs politiques britanniques cherchent toujours à comprendre le message caché.

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