Dans Les Histoires du Monde , celle d'aujourd'hui est danoise et concerne le Premier Ministre danois lui-même

C'est une des histoires les plus délicieusement incroyable qu'il m'ait été donné de vous raconter en plein hiver, il y a quelques semaines, Lars Lokke Rasmussen , le Premier Ministre danois donc, décide de passer un weekend en Espagne.

Comme le Danemark est un pays scandinave très sourcilleux lorsqu'il s'agit d'argent et de politique, il décide de partir avec une compagnielowcost , en l'occurrenceRyanair . Il s'agit donc d'un voyage privé, payé avec son argent privé et, en plus, vraiment pas cher. Mais sitôt rentré au pays, après avoir dû payer ses cacahouètes et son jus d'orange dans l'avion, comme tous les passagers low-cost , l'affaire s'est sue. Un tabloïd, Ekstra Bladet , la diffuse et depuis, le scandale ne cesse d'enfler.

ParcequeRyanair a un problème avec la Gauche et les syndicats danois : ils reprochent à la compagnie low-cost d'avoir des contrats de travail low-cost . Loin, très loin des standards danois.

Autrement dit, de faire du dumping social. Ces accusations sont allées si loin qu'il est formellement interdit aux employés des quatre principales villes danoises, toutes de Gauche, dont Copenhague, de prendre Ryanair pour leurs déplacements professionnels.

Avion Ryanair
Avion Ryanair © CC Aero Icarus

Ryanair s'est donc vengé, en juin dernier, avec une pub : on y voit Marie-Antoinette disant « qu'ils mangent de la brioche » et « qu'ils paient leurs vols au prix fort » !

Ni une, ni deux, les syndicats, très remontés, ont rétorqué par une autre pub :on y voit le PDG de Ryanair , Michael O'Leary , enfourchant un avion et ce slogan : «Ryanair, la compagnie qui entube ses salariés depuis 1985 » . La mayonnaise est donc monté très vite entre Ryanair et la Gauche danoise. Comme le montre cet échange de tracts remontés qui ont circulé sur le net. Et elle n'est pas redescendue depuis.

Dans ce climat, le Premier Ministre est en fait accusé de trahison. La Gauche et les syndicats, unanimes, ont pris comme un affront le weekend low-cost du Premier Ministre Rasmussen. Autrement dit, on lui reproche d'avoir bradé le système social danois pour quelques misérables économies. C'est le monde à l'envers !

Une revue de presse sur la question des réfugiés

Parce que le printemps approche et, avec lui, de meilleures conditions maritimes et donc des milliers de départs attendus depuis la Turquie vers les côtes grecques, de réfugiés syriens, afghans ou irakiens. Bref, on prend les mêmes et on recommence.

Comme souvent, c'est la presse britannique qui est la plus efficace pour exprimer ce qui nous attend : The Guardian aligne les chiffres : « Plus de cent mille réfugiés ont rejoint l'Europe depuis le début de l'année, un rythme trois fois supérieur à la même période de 2015 ».

Et l'immense majorité d'entre eux passent par la Grèce et ses îles. La Grèce qui, pour le quotidien I Kathimerini est au cœur du problème sans pouvoir rien décider. « À l'Est, c'est la Turquie qui peut ouvrir et fermer le robinet à loisir ». « Au Nord, Athènes ne peut pas grand-chose pour influencer les pays de l'ex-Yougoslavie. Nous sommes coincés entre deux bouchons, et l'on exige de nous que nous honorions des accords internationaux pris en dehors de toute justice et morale internationale. »

Reste l'appel lancé par Dario Fo , le prix Nobel de littérature italien, dans les pages de La Repubblica : « Quelle belle idée. Je soutiens la proposition d'attribuer le prix Nobel de la Paix aux habitants de Lampedusa et de de Lesbos ».

«Bien sûr, il revient aux politiques de décider du sort final des réfugiés, mais que leur premiers contacts avec l'Europe soit un contact humain, une attention, un signe de solidarité et pas une froide décision de « real politic » me remplit de fierté. »

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