Il s’agit d’une tauromachie sans mise à mort que pratiquent les Tamouls lors de festivals. Le principe est de toucher la bosse d’un zébu mâle très en colère.

Manifestation pro-Jallikattu
Manifestation pro-Jallikattu © Maxppp / epalivetwo523199

Ca s'appelle le Jellikattu et c'est probablement le « sport » collectif le plus ancien du monde. On le sait parce qu'on a retrouvé un sceau gravé vieux de 4 000 à 4 500 ans, qui montre clairement un taureau et un homme en pleine bagarre.

D'abord, en quoi consiste le Jellikattu ? Il s'agit pendant un temps donné d'enserrer la bosse d'un zébu mâle pour récupérer entre ses cornes un petit sac de pièces. D'ailleurs l'autre nom du Jellikattu pourrait se traduire par « embrasser la bosse » du zébu.

Ce « sport » très populaire se pratique dans le sud de l'Inde, spécifiquement dans l'Etat du Tamil Nadu et pendant quelques jours seulement, pendant un festival hindouiste traditionnel qui a lieu en ce moment même.

Le problème, c'est qu'on a voulu interdire cette corrida indienne. C'est la Cour Suprême Indienne qui, en 2014, a donné raison aux défenseurs des animaux et a banni le Jellikattu. C'était compter sans les fans qui, depuis trois ans, non seulement refusent cette décision mais organisent des manifs pour exiger une loi qui l'autorise.

Des manifs qui d'ailleurs tournent mal : hier encore à Chennai, la capitale du Tamil Nadu, un commissariat a été incendié par les fans de Jellikattu et ils ont obtenu gain de cause : un loi a été votée en urgence pour leur permettre d'embrasser le zébu en paix.

Pourquoi tant de passions pour ce qui n'est après tout qu'une course de taureaux, même millénaire ? Eh bien parce que derrière ces manifs, il a une histoire de domination culturelle aussi ancienne que le Jellikattu lui-même. Les Tamouls considèrent le Jellikattu comme une partie intégrante de leur culture et de leur héritage « immatériel », comme dit l'Unesco. Or la Cour suprême est installé à Delhi, dans le nord hindi du pays. C'est donc Hindis dominants contre Tamouls méprisés.

Concernant le zébu, tout le monde est Hindou de religion, donc, pas question d'abattre ou de tuer le taureau. C'est d'ailleurs un autre argument des défenseurs du Jellikattu : les taureaux sont énervés mais jamais tués : ils sont même soignés s'ils se blessent.

C'est même l'inverse. Depuis 2016, 16 embrasseurs de zébus ont été tués pendant le festival et aucun taureau n'a été abattu. Reste qu'en Inde, comme en Espagne ou en Amérique latine, les courses de taureaux ont de moins en moins la côte :

pas plus tard qu'hier, une manifestation à Bogotá, en Colombie, a rassemblé des milliers de participants pour exiger l'interdiction des corridas. Avec l'argument inverse de celui utilisé en Inde : la corrida en Colombie est un reliquat de la colonisation espagnole.

  • Une revue de presse aux Etats-Unis

Détour par le New York Times, exactement, qui est partie en guerre contre l'administration Trump et qui se matin, a décidé de compter les vieux mâles blancs dans le « cabinet » Trump.

Et je vous le donne dans le mille : il y en a 17, ce qui fait du gouvernement Trump, le plus blanc et le plus testostéroné des gouvernements depuis Reagan, dans les années 80. 17 sur 22 : il ne restera donc que 5 postes à pourvoir pour des femmes.

Un tour par l'Espagne, et pas pour parler tauromachie mais défense de l'hispanité face, encore et toujours à Donald Trump. Le nouveau président a, en effet, fait disparaître les pages en espagnol du site internet de la Maison-Blanche.

Une geste que le quotidien madrilène voit comme une « fracture de plus avec les 56millions de résidents latinos. Le quotidien rappelle que, pendant la campagne, le seul mot espagnol qui avait échappé à Trump est le désormais célèbre : bad hombres. Pas rassurant !

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