L'histoire est assez connue : après la mort de Pablo Escobar, en 1993, les autorités colombiennes ont saisi l'ensemble de ses biens et notamment la fameuse villa Napoles où le chef du cartel de Medellín avait carrément un zoo.

Un hippopotame dans une rue de l'hacienda Napoles, en Colombie en décembre  2017
Un hippopotame dans une rue de l'hacienda Napoles, en Colombie en décembre 2017 © Maxppp / Sinikka Tarvainen

Tous les animaux ont été capturés, les girafes, les rhinocéros... Tous sauf les 4 hippopotames, 3 femelles et un mâle, qu'il était trop compliqué d'attraper et de transporter. Ils sont donc restés sur place, abandonnés à leur sort.  Or il se trouve que leur sort leur a beaucoup plu : la Colombie a un climat sub-tropical, ce n'est pas l'eau qui manque et les hippopotames de Pablo Escobar se sont parfaitement adaptés à cet environnement qui n'est pas si éloigné de leur Afrique d'origine.  

J'imagine que depuis 25 ans, ils se sont reproduits...  

Exactement ! Le problème c'est qu'ils n'ont pas fait que se reproduire, ils sont retournés à l'état sauvage. Au point que l'on ne sait même pas très bien combien ils sont exactement : une cinquantaine, peut-être même une centaine.  Difficile de les compter ! Comme le dit le directeur de l'environnement de la région où ils ont élu domicile : « ce ne sont pas des vaches, impossible de s'approcher de trop près, ce sont des animaux sauvages ». La question est : comment s'en débarrasser ?  Parce qu'ils sont bien sympathiques, ces hippopotames mais ils perturbent les pêcheurs et les agriculteurs du coin qui n'osent plus trop sortir, de peur de les croiser ou de se faire charger. Un hippopotame  court à 30km/h tout de même.  

Et les zoo colombiens n'en veulent pas ?  

Il y en a une cinquantaine et l'urgence c'est surtout de contenir leur démographie galopante, donc les stériliser. Encore faut-il les attraper, ce qui décourage même les meilleures volontés et aussi convaincre la région de subventionner le programme.  Bref, les hippopotames colombiens ont encore de beaux jours devant eux. Et je crois le plus étonné serait Pablo Escobar, lui qui rêvait de laisser une trace dans l'histoire de son pays : son héritage le plus sûr, c'est un troupeau d'hippos en pleine forme !  

On part au Brésil maintenant pour prendre des nouvelles de l'ancien président Lula... 

Ça va pas fort, ma bonne dame : on est à la veille du procès en appel qui décidera si oui ou non, l'ancien président Lula da Silva peut se présenter à l'élection présidentielle d'octobre prochain. Un procès en corruption dont la vedette est un appartement.  Un triplex dans la ville balnéaire de Guarujà, dans l'Etat de Sao Paulo qui lui aurait été offert par une entreprise de BTP en échange de marchés publics. Mais le plus étonnant, ce n'est pas ce procès à venir qui sent tout de même mauvais pour l'ancien président.  Le plus étonnant, c'est la façon dont les Brésiliens se sont appropriés cette affaire : ils ont fait du 638 avenue du général Monteiro de Barros, l'adresse du fameux triplex, une véritable attraction touristique.  On y fait des selfies, le bar d'en face fait des affaires en or avec des caipirinhas à 12 reais, des bières à 5 et des assiettes de crevettes roses à 130 reais. Les agences de voyage organisent même des Lula tours. Au Brésil, décidément, tout finit par un sourire.

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