Par Eric Valmir

Sherpa en chemin sous le sommet du Mont Everest
Sherpa en chemin sous le sommet du Mont Everest © Getty Images / fotoVoyager

Trois morts en trois jours sur les pentes de l'Everest . Le dernier hier, Subash Paul, 43 ans, avait atteint le sommet samedi. Il est mort de fatigue le lendemain pendant la descente vers le camp de base. Deux autres alpinistes, un néerlandais de 36 ans et une australienne de 34 ans ont trouvé la mort dans des circonstances similaires, vendredi et samedi. Ces dernières 24h, deux autres grimpeurs indiens sont portés disparus. Leurs chances de survie sont quasi nulles.

Très mauvaise reprise pour l'économie du Népal.

Le plus haut sommet du monde était fermé depuis deux ans après des accidents en série qui avaient coûté la vie aux sherpas locaux... Une avalanche au printemps de 2014 et un tremblement de terre. Les expéditions ont repris seulement la semaine dernière maison s'interroge sur le degré de préparation .

Dans l’un des pays les plus pauvres du monde, le Népal, l’Everest est le moteur de l'économie . Mais les accidents à répétition, liés en partie au réchauffement climatique avec des glaciers qui se lézardent et des blocs qui se détachent font que les Sherpas ont réclamé au gouvernement un fonds de soutien pour les guides et leurs familles... Le Ministère du Tourisme a mis en place une sorte de péage à un prix très élévé que doivent payer les touristes occidentaux et cet argent n'est pas redistribué. Ce bras de fer a duré deux ans et a priori les meilleurs sherpas ont abandonné leur passion.

C’est à la fois une histoire d’hommes et de business de l'Everest. Comment la montagne a changé la relation entre ceux qui travaillent sur les sommets et ceux qui se payent les sommets .

Sans sherpas, sans porteurs d'altitude, pas de bouteilles d’oxygène. Pas de panneau solaire et d’ordinateur portable au camp n°2 (6400 mètres). Pas de réchaud, de nourriture, de tentes égrenées sur toute la montagne jusqu’à 7900 mètres. Pas de cordes fixées jusqu’au sommet même.

La "death zone " himalayenne frappe de plus en plus souvent

À plus de 8000 mètres d'altitude , la survie est limitée du fait de la raréfaction de l'oxygène et du froid intense qui y règne. On peut mourir de froid, suffoquer, chuter.

Alpinisme sur le Mont Everest (Népal)
Alpinisme sur le Mont Everest (Népal) © Getty Images / Jason Maehl

Le manque d’oxygène dans la «death zone» attaque les fonctions cérébrales, on peut délirer, enlever ses vêtements dans le froid glacial ou se jeter dans le vide. On ne le sait pas forcément, mais des corps sans vie frigorifiés jalonnent la montée vers le sommet . Green Boots est le plus célèbre. Un grimpeur indien mort il y a 20 ans et dont le corps frigorifié sert de balise à l'entrée d'une grotte. On sait quelle distance il reste à parcourir.

Mais malheureusement, aux dires des sherpas, on est entré dans une industrie du tourisme qui ne sait plus écouter la montagne et les éléments naturels. Les prétendants à l’Everest sont devenus des clients plus que des alpinistes , des occidentaux en majorité.

Les plus grosses agences qui proposent l’Everest à leur catalogue sont américaines et néo-zélandaises.

Le gouvernement et les leaders des expéditions avaient annoncé qu’ils doubleraient les cordes fixes à plusieurs endroits – doubler les voies de circulation pour que les alpinistes qui montent et ceux qui descendent ne soient pas obligés d’attendre que le plus lent d’entre eux soit passé. L’ambiance se dégrade. Chaque client consomme au moins cinq bouteilles d'oxygène.Ajouter des kilomètres de cordes fixes, et multiplier le nombre de candidats à l’Everest par le nombre de bouteilles d’oxygène donne déjà une idée des tonnes de matériel qu’il faut acheminer dans les camps d’altitude, avant et pendant l’ascension.

Camp de base "Island Peak" dans le Sagarmatha National Park au Népal
Camp de base "Island Peak" dans le Sagarmatha National Park au Népal © Getty Images / Andrew Pavlidis

Et ce ne sont pas des porteurs lambdas que nous devons avoir, mais bien des sherpas expérimentés qui ne font plus un travail qu'ils estiment sacrifié au nom du profit. Il est envisagé que des hélicos déposent les clients à 6000 mètres mais encore faut-il un altiport performant, qui n'existe pas.

L'Everest ouvert à nouveau depuis une semaine est déjà un cimetière à son sommet. Plus que jamais, les sommets ne sont pas un terrain de jeu.

Déjà dans les années 1930, les nazis avaient développé un programme où la race aryenne devait dompter le toit du monde. Chaque mission partie à grand renfort de propagande tous les six mois n'est jamais revenue.

Le verdict des élections autrichiennes retienne encore l'attention de la presse Europeennes mais un autre scrutin passé inaperçu livre des enseignements alarmants....

Celui de Chypre qui retient l'attention de la Tribune de Genève... 543.000 électeurs appelés à renouveler les 56 sièges de leur parlement unicaméral. Le passage de la troïka à Chypre a laissé des traces politiques. Globalement, les grands partis ont subi de lourdes pertes. Les quatre partis traditionnels, le Disy (centre-droit), le Diko (centriste), l'Akel (communiste) et l'Edek (social-démocrate) en recul de 15 points. Autre fait notable la forte progression de l'absention dans une région où voter est obligatoire. Un tiers des inscrits ne s'est pas déplacés. Avec une faible majorité conclut l'éditorialiste de la Tribune, Chypre n'est donc pas une exception, sa vie politique est désormais plus fragmentée, moins représentative, moins gérable quand il faut des volontés affirmées pour entériner le processus de réunification avec la partie turque de l’île. Et pour ne rien arranger, les journaux chypriotes s'inquiètent de l'entrée au Parlement d'Elam, le front populaire national, un parti ultranationaliste inspiré de l'Aube dorée grecque et à sa deuxième tentative électorale, il place donc députés, d'où le titre à la une de Phileleftheros « la deuxième était la bonne ». L'autre journal de l'île, I Khatimerini cherche à nuancer le résultat... D'abord ce n'est que 4 % des voix et le plus important est de voir une majorité non dessinée qui ne sera pas assez forte pour régler les problèmes criants et conjoncturels de l'île... le chomage, les dépots bancaires amputés, et l'occupation au nord, sans oublier la proximité du conflit syrien et les drames de l'immigration

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