Direction la Chine où l'Etat s'est fâché contre les promoteurs et leur imagination débordante...

Promenons-nous quelques minutes à Pékin. A droite, un panneau indique Château Regalia, non loin de là une résidence flambant neuve s'appelle "Merlin Champagne", une autre "La Grande Villa". Toujours à Pékin, on trouve encore le "Château Regency". Bref, les Chinois ne sont plus chez eux : l'habitude a été prise depuis 20 ans par les promoteurs immobiliers de donner des noms étrangers à leur créations. Ca fait chic et surtout, ça fait vendre. Et jusqu'à présent, personne n'y prêtait vraiment attention.

Sauf que dans le même temps, l'institut chinois de géographie s'est rendu compte que depuis 1986, ce sont 60 000 noms de quartiers et 400 000 nom de villages villages qui ont disparu, mangés par le développement effréné des mégapoles chinoises.

Il fallait donc réagir et le gouvernement chinois a rappelé les promoteurs à l'ordre . C'est le ministre des affaires civiles, le ministre de l'Intérieur, chez nous, qui a levé le ton. Monsieur Li a fait savoir que « les noms qui affectent la souveraineté et la dignité nationale » ou ceux qui « violent les valeurs et la morale socialistes » seront désormais bannis. Plus question donc de quartier « Tamise », comme à Shanghai, ou de résidence "Oriental Yosemite", comme à Dalian.

Le temple de Confucius à Pékin
Le temple de Confucius à Pékin ©

Mais pour tout dire, ce rappel à l'ordre est surtout le signe d'une reprise en main du régime. Fin février, le même ministre s'en était pris aux immeubles « bizarres » cette fois. Depuis des années, la Chine était devenue une sorte de terrain de jeu pour architectes un peu déjantés. On trouve, toujours entre Pékin et Shanghai, un immeuble théière.

Mais on trouve aussi un siège d'entreprise qui la forme de l'Enterprise , le vaisseau amiral du capitaine Kirk dans Star Trek. Désormais fini de jouer : les immeubles devront être « économiques, fonctionnels, et plaisants au regard ».

En fait, tous ces rappels à l'ordre et à la loi sont le signe du retour de l'Etat chinois dans le quotidien. Depuis plusieurs années, le PC, le gouvernement et l'administration ont subi une purge profonde. Maintenant, ils sont en ordre de marche et ça doit se savoir.

La revue de presse est toujours belge ce matin...

Difficile, en effet, de laisser repartir le flot de l'argent alors que nos voisins et amis belges sont encore sous le choc. Prenez le quotidien néerlandophone De Morgen , par exemple. C'est la colère qui domine et l'éditorialiste s'adresse aux terroristes :

« Depuis des mois, vous aviez un plan et vous vous êtes préparés pour ce jour. Vous vous êtes fondus parmi nous et vous avez voulu nous donner une leçon. Une leçon de haine et de peur. En fait, vous rêvez de nous enfermer dans la peur. » Et bien NON !

Le quotidien francophone Le Soir , pour sa part, a laissé carte blanche a quelques uns de ses lecteurs pour exprimer leur tristesse, leur dégoût. J'ai retenu ces quelques mots très touchants d'Halima, « citoyenne belge », comme elle se définit elle même.

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« Je suis musulmane, j’ai mal pour mon pays, j’ai mal pour mes concitoyens, j’ai mal pour ma religion. Beaucoup nous demandent de nous désolidariser de ces barbares, mais quand a-t-on été solidaires ? Dans ce métro, dans cet aéroport, ils n’ont pas fait de différence. Parmi les visages des disparus, je vois la diversité. »

Dans les pages du Vif / L'Express , un journaliste demande pardon. Pardon à la « dame en jaune », rescapée de l'attentat dans le métro de Bruxelles et dont la photo déjà iconique s'étale en une de beaucoup de quotidiens belges et internationaux :

« Je vous demande d'ailleurs pardon deux fois plutôt qu'une, Madame. Pardon de vous avoir surprise dans ce moment d'effroi, et de vous voler une part de vous-même, de votre intimité, que je vais épingler au revers de ma veste, près du coeur, pour me rappeler en permanence combien la vie est belle et fragile ».

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Emouvant non ?

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