Russes, Cubains et Chinois envoient matériel médical et soignants en Italie. Un outil de propagande parfaitement maîtrisé mais si évident à relever. Décryptage.

Médecins cubains, juste avant leur départ pour l'Italie
Médecins cubains, juste avant leur départ pour l'Italie © AFP / Yamil Lage

Direction l'Italie ce matin, qui dimanche a vu débarquer des équipes médicales cubaines. Une cinquantaine de médecins et d'infirmiers cubains spécialistes des épidémies type Ebola, sont arrivés en Italie pour être transférés d'abord à l'hôpital de Crema avant de rejoindre celui de Bergame.

Ils appartiennent à des « brigades médicales » entraînées aux situations d'urgence et dépêchées par La Havane dès qu'il y a une catastrophe ou une épidémie.

C'est même devenu un bien d'exportation pour Cuba, ces équipes médicales envoyées partout dans le monde : 28 000 médecins et personnels de santé cubains interviennent dans 66 pays et rapportent 6 milliards d'euros par an à La Havane.

10 000 dollars pour un médecin cubain à Caracas

La moitié de ces 28 000 soignants sont en fait déployés au Vénézuéla qui paierait 10 000 $ par médecin et par mois ! Les médecins cubains eux, n'en reçoivent qu'une infime partie : 300 à 400 $ par mois. Le reste, c'est pour les poches de l'Etat cubain.

Et ce, alors que les hôpitaux cubains manquent de tout, qu'une soixantaine d'hôpitaux ont été fermés à Cuba depuis 2010, que le pays n'a fermé ses frontières aux touristes étrangers que vendredi dernier et que 30 000 personnes sont aujourd'hui en quarantaine.

Les Russes n'oublient pas les leçons de propagande soviétique

Le matin, c'était les Cubains, le soir ; les Russes : Moscou a envoyé neuf avions militaires chargés de masques, de respirateurs, de médicaments. Des avions décorés de drapeaux russes et italiens en forme de cœur et ce slogan : « bon baisers de Russie ».

Des dizaines de journalistes russes ont fait le déplacement, soulignant à l'envie combien la Russie était généreuse et l'Union européenne, ingrate, qui continue d'imposer des sanctions économiques contre la Russie.

Dans le même temps, les Moscovites n'arrivent pas à se procurer de masques, les Russes de retour au pays en provenance de zones infectées se plaignent de ne pas être testés et les hôpitaux russes, selon la journaliste Veronika Kutsilo, manquent de préparation.

La Chine, un prêté pour un rendu 

Bien sûr ! Le meilleur exemple, c'est la Chine. En 2003, après l'épidémie de SRAS, Pékin avait promis de fermer ses marchés d'animaux vivants. En 2004, ils ont été rouverts. Or on sait que ces marchés sont à l'origine de la pandémie actuelle.

La Chine qui, en janvier et février, a fait le tour du monde pour acheter tous les stocks de masques. Rien que le 30 janvier, elle a importé 20 millions de masques ! Aujourd'hui, elle interdit les exportations, alors qu'elle en produit la moitié des masques au monde !

La Chine qui a pendant des semaines menti sur l'étendue de l'épidémie et menacé, puis emprisonné des médecins lanceurs d'alerte. C'est la même Chine qui aujourd'hui met en scène ses cargaisons de respirateurs et de masques en Italie et ailleurs dans le monde. Matériel qu'elle fait payer, par ailleurs ! Mais que voulez-vous, la propagande, seuls les pays d'inspiration communiste savent vraiment la faire !

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