La presse américaine, comme la presse cubaine depuis quelques jours, s'est prise de passion pour le pape François.

Mais plutôt que de lire les titres, tous plus béats les uns que les autres, je me suis attaché à l'incroyable créativité des Américains dès qu'il s'agit de faire de l'argent.

C'est le Wall Street Journal qui est le plus complet sur la question : on trouve de tout. De la Mozzarella en forme de pape, de la bière papale, des T-shirts, évidemment, des statuettes du pape en pleine bénédiction.

Des pin’s, des mugs, des cartes de vœux et même des peluches papales. Mais le cadeau qui a le plus de succès, selon le Wall Street , est un grille-pain qui imprime des toasts à l'effigie du pape , recto verso et pas cher : une soixantaine d'euros ! C'est donné !

Une histoire du jour au Caire

Et pour le coup, rien à voir avec la vente des Mistral à l'Egypte. Non, l'histoire d'aujourd'hui se passe place Tahrir, à l'endroit même de la révolution de janvier 2011 qui avait abouti au renversement d'Hosni Moubarak.

On s'en souvient : la place Tahrir était le lieu de toutes les manifestations, de toutes les contestations et aussi de toutes les répressions : la police du régime avait chargé, souvenez-vous, et l'on y avait ramassé des dizaines de victimes.

Place Tahrir - Égypte
Place Tahrir - Égypte © Claude Guibal

Pour les honorer, des centaines de graffitis et des peintures murales avaient été dessinés en particulier sur un mur qui longe la rue Mohammad Mahmoud. Depuis, personne n'avait osé toucher à ce mur : à lui tout seul il symbolisait la révolte du Caire.

Il y a quelques jours, au petit matin, un groupe d'ouvriers a commencé à détruire un pan de ce mur. Alors officiellement, il s'agit d'un travail de rénovation : le mur doit être abattu pour faire place à un espace vert.

Bien sûr, les autorités assurent avoir pris soin de prendre des photos et d'avoir documenté l'ensemble des œuvres et des slogans. On assure même, du côté de la mairie, qu'une exposition est en préparation.

Bien sûr aussi, les artistes, les militants et tout simplement les voisins ont essayé de se mobiliser : en vain. L'idée qui a circulé est de garder au moins une petite partie du mur, comme à Berlin. En vain : le mur de la rue Mohammad sera détruit.

Au Caire, tout le monde a compris que la démolition de ce mur si symbolique est le signe d'une reprise en main.Le régime du président Al Sissi veut effacer toutes traces de la révolution de 2011 . Et peut-être surtout les graffitis et les symboles.

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