La justice espagnole va t-elle demander l'exhumation et la ré-inhumation du corps de Franco ? Réponse aujourd'hui, mardi 24 septembre... à moins que...

Le généralissime Franco en 1975
Le généralissime Franco en 1975 © Getty / Bettmann

On part en Espagne ce matin, où c'est la justice qui va décider du sort de Franco. Je vous rassure, le général est toujours mort... La justice espagnole, en l’occurrence la Cour suprême de Madrid, ne fera que dire le droit, à savoir si le gouvernement de Pedro Sánchez peut oui ou non exhumer les restes du dictateur pour le re-inhumer ailleurs.

Je vous vois venir : c'est au moins la 3e ou 4e fois que je vous parle de cette affaire. Tout simplement parce que, depuis plus d'un an, ce qui devait être une des mesures phares des socialistes revenus au pouvoir en juin 2018 est devenu un cauchemar ou plutôt une pantalonnade.

La famille Franco résiste et utilise toutes les ressources du droit pour maintenir son aïeul au Valle de los Caidos, une sorte de nécropole dédiée aux victimes de la Guerre civile de 1936 à 1939 et située non loin de Madrid, aidée, entre autres, par l'Eglise catholique.

La famille Franco résiste encore et toujours

Il n'existe pas en Espagne de juridiction administrative supérieure. La Cour suprême avait déjà créé la surprise en juin dernier en suspendant l'exhumation quelques jours avant son exécution. Aujourd'hui, on peut donc dire que oui... c'est la bonne !

Encore que... La Cour doit rendre deux avis en un : d'abord décider de la légalité de cette exhumation et ensuite, si le gouvernement a le droit d'imposer le lieu de la nouvelle sépulture. La famille conteste évidemment sur les deux points.

Aidé par la fondation Franco – qui existe toujours, est déclaré d'intérêt public et défend la mémoire du dictateur depuis 45 ans – la famille voudrait qu'il soit ré-inhumé en plein cœur de Madrid, dans la cathédrale de la Almudena. Ce qui serait une vraie provocation.

Des fuites et des questions

Des infos ont fuité pas plus tard que la semaine dernière. Il semblerait – mais je mettrais un triple conditionnel si c'était grammaticalement possible - que les 5 juges de la Cour suprême suivent l'avis du gouvernement et donnent l'autorisation d'exhumation.

Dans ces conditions, l'ordre serait promptement donné dès vendredi, jour du Conseil des ministres en Espagne. Il faudrait ensuite s'assurer que l'ordre religieux qui veille sur le Valle de los Caidos ne fasse pas de la résistance : ils ont en effet promis de s'y opposer.

Et ce serait une excellente nouvelle pour Pedro Sánchez qui a fait de ce « rempotage » de dictateur défunt une affaire personnelle et aussi éminemment politique puisque, je vous le rappelle, l'Espagne s'apprête à revoter en novembre prochain.

Conflit de mémoires et d'Histoire

Le Tribunal suprême pourrait décider de surseoir et d'attendre le résultat de l'élection. Même si ça reste improbable : la justice espagnole devrait avoir à cœur de montrer son indépendance du pouvoir exécutif et donc, du calendrier politique.

Une dernière chose : parfois l'Histoire joue de sacré tour à la mémoire. Aujourd'hui on saura donc si le général Franco sera ou non ré-inhumé. Or le 16 septembre, il y a quelques jours à peine, mourrait à 93 ans Ascensión Mendieta.

Ascensión Mendieta avait 13 ans en 1939 lorsque son père a été fusillé par le général Franco. Elle a ensuite passé le reste de sa vie à tenter de retrouver sa dépouille. Ce sera chose faite en 2017 à Guadalajara. Aujourd'hui, elle repose à ses côtés à Madrid.  

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.