Les bourses chinoises plongent.

A tout seigneur, tout honneur : qu'en dit le Quotidien du Peuple, le Renmin Ribao , l'organe officiel du PC chinois et ses 2,5M d'exemplaires quotidiens. Et l'édito du jour ressemble à un proverbe : « lorsque le pessimisme envahit les marchés, on a besoin de morale ».

Mais de morale chinoise, entendons-nous bien : « les investisseurs [sous-entendu étrangers] ne visent que des profits à court terme. Ils paniquent à la moindre mauvaise nouvelle et se comporte comme des moutons ».

Et l'édito d'ajouter : « il ne faut pas s'inquiéter des pessimistes de l'étranger. L'économie chinoise est faite d'autres chose que de vulgaires statistiques ». Le peuple chinois le sait qui, lui, saura résoudre les problèmes du moment « avec grâce et élégance ».

Direction Beyrouth où des montagnes de déchets dans les rues ont fini par provoquer la colère de la population

Et surtout par provoquer d'importantes manifestations : des milliers de Beyrouthins s'étaient donnés rendez-vous samedi et dimanche autour d'un slogan assez radical : le mouvement « tu pues » ou « vous puez », si vous voulez que je reste poli.

Cela dit, la politesse n'est pas la priorité de ce mouvement citoyen : sa priorité, c'est d'abord et avant tout de débarrasser les rues de Beyrouth des montagnes de déchets qui s'y sont accumulés depuis la fin juillet : et ce à cause de l'incurie du gouvernement libanais.

Depuis plusieurs semaines, la principale décharge du pays est fermée. Mais aucune solution de remplacement n'a été trouvée, les ordures ne sont plus ramassées. Elles s'accumulent donc en plein été, en pleine ville et en pleine saison touristique.

D'où la révolte des Beyrouthins.__ D'où effectivement le mouvement « tu pues ». Tu pues Beyrouth, mais tu pues surtout le gouvernement et le personnel politique du pays. Autrement dit, d'une protestation citoyenne, on est passé à une ras-le-bol généralisé contre le 1er ministre, le gouvernement...

Et ils ont de quoi en avoir assez les Libanais, jugez plutôt : le pays n'a plus de président de la République depuis 1 an parce que le Parlement est incapable de se mettre d'accord sur un nom. En plus, il faut trouver un chrétien, le président libanais est toujours chrétien.

Un parlement qui a été élu en 2009 et dont le mandat devait s'achever en 2013. Depuis cette date, les députés ont eux-mêmes voté deux fois l'extension de leur propre mandat. La dernière s'était en 2014 et ils se sont « ajoutés » 31 mois de plus, jusqu'en juin 2017.

Et il y a en plus la guerre en Syrie à quelques kilomètres de Beyrouth. Près d'un million et demi de réfugiés syriens dont une bonne partie dans la banlieue de la capitale Beyrouth. Pour un pays de 4 millions et demi d'habitants, c'est comme si 15 millions de réfugiés s'étaient installés en France en 4 ans ! Imaginez un peu la catastrophe.

Le problème, c'est que le gouvernement libanais n'a rien compris. Au Liban, on a l'habitude des manifestations politiques. Ca, on sait traiter. Mais pas des mouvements sociaux. Or, samedi et dimanche dernier, en voyant des milliers de personnes dans la rue : panique.

Panique donc violences policières, donc début d'émeute en plein centre-ville. Bilan : 400 personnes soignées dont une centaine hospitalisées. Et les organisateurs du mouvement « Tu Pues », furieux, ont décidé de remettre ça dès le weekend prochain. A suivre, donc.

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