Ce sera le 24 septembre prochain à New York et le prix de départ de ces enchères sera de 2 000 dollars.

Truman Capote chez lui durant une interview
Truman Capote chez lui durant une interview © Getty / Bettmann

L'estimation, elle, tourne autour de 4 à 6 000 dollars pour une petite boite de bois sculptée qui contient donc une partie des cendres de Truman Capote.

Parlons des faits. Qui était Truman Capote ? Un des plus brillants écrivains mondains du XXe siècle, ami de toutes les stars américaines. Il est décédé en 1984 à presque 60 ans dans l'appartement de sa meilleure amie, qui a donc hérité de cette fameuse urne.

Truman Capote, c'est l'auteur de De Sang Froid et aussi d'un roman qui va ensuite être adapté au cinéma par l'immense Blake Edwards avec pour actrice principale la sublime Audrey Hepburn : Breakfast at Tiffany's, traduit génialement en français par Diamant sur Canapé. Truman Capote est donc l'auteur du roman.

Mais comment justifier la mise aux enchères de ce qui est, même réduit en cendres, une partie d'un corps humain ? J'ai lu les arguments du vendeur qui se résument en deux mots : Capote aurait adoré l'idée !

Cet homme si provocateur, qui aimait tant la lumière, la célébrité et qui était aussi un dandy brillant et particulièrement acerbe...

Cet homme qui disait : « peu m'importe ce qu'on raconte sur moi, pourvu que ce soit faux ».

Cet homme qui, en plus, voulait que ses cendres ne restent pas à prendre la poussière sur une étagère mais voyagent – il l'a expliqué quelques jours avant de mourir. Je crois que cet homme-là aurait effectivement apprécié l'ironie de cette vente.

Et puis nous avons passé une bonne partie de notre histoire à commercer des parties du corps humains : depuis les momies égyptiennes en passant par les reliques de saints et les têtes réduites des Jivaro.

Certains de nos musées conservent des crânes ou des corps de Canaques, d'Africains, entrés dans les collections comme trophées de guerre. Alors, il n'est pas question de les vendre mais il n'est, souvent, pas question non plus de les restituer non plus.

Une revue de presse italienne, au lendemain du séisme qui a frappé le pays

Avec cette question : que peut-on écrire lorsque le drame touche une région entière et que le bilan des victimes est encore incertain. La réponse passe d'abord par les faits et uniquement les faits : c'est la solution adoptée par Il Sole 24 Ore. Des numéros de téléphone d'urgence, des informations précises et constamment actualisées sur le nombre des victimes, des cartes avec les villes affectées, des déclarations – uniquement officielles – de la sobriété dans les titres. De la tenue.

Il Corriere della Sera a choisi pour sa part de multiplier les témoignages et et de poster vidéos après vidéos et aussi ce titre : « Hurlement d'une infirmière : Sauvez-vous, sortez tous ! A la rue ! » qui donne le ton d'un traitement de l'info par et pour l'émotion.

Le quotidien romain La Repubblica a choisi le choc des photos et parmi celles-ci j'en ai repéré une qui n'a de sens qu'en Italie : une photo d'une statue de la vierge, avec ce commentaire : « elle est intacte, autour d'elle tout est détruit ». Et La Repubblica est un journal de centre-gauche...

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