Vendredi 27 avril 2018 : pour la première fois depuis 11 ans, les leaders sud et nord coréens se rencontreront sur la ligne de démarcation qui séparer les deux Corées et dîneront ensemble lors d'un dîner d'Etat exceptionnel.

Des activistes sud-coréens portant des masques du président sud-coréen Moon Jae-in (à gauche) et du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (à droite) posent pour une photo lors d'un rassemblement pour soutenir le prochain sommet inter-coréen
Des activistes sud-coréens portant des masques du président sud-coréen Moon Jae-in (à gauche) et du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (à droite) posent pour une photo lors d'un rassemblement pour soutenir le prochain sommet inter-coréen © AFP / Jung Yeon-je

Pour l'occasion, on a mis les petits plats dans les grands, littéralement ! L'étude du menu servi aux deux chefs d'Etat, Kim Jong Un d'une part et Moom Jae-In d'autre part est un véritable poème diplomatique où tous les plats ont un double voir triple sens.

A côté, les allusions du dîner d'Etat à la Maison Blanche de hier soir ressemblent à de vulgaires pieds dans le plat : vous savez le vin de Californie obtenu à partir de vignes bourguignonnes, histoire de symboliser les liens entre nos deux pays : pfft, petits bras !

Au menu de cet évènement

Les nouilles froides au sarrasin de l'entrée seront cuisinées sur place par le chef du plus célèbre restaurant de Pyongyang, la capitale nord-coréenne. Il cuisinera côté nord à quelques mètres des tables qui, elles, seront à cheval entre les deux pays.

Puis le bibimbap, une sorte de salade de riz pimentée, sera servie avec des légumes qui auront été plantés et récoltés dans le no-man's-land entre les deux pays.

Quand au riz, il provient de Bongha, le village natal de l'ex-president sud-coréen Roh Moo-Hyun. Un président qui en 2007 avait fait le déplacement à Pyongyand pour rencontrer Kim Jong Il, le père de Kim Jong Un. 

Le bœuf proviendra d'un cheptel d'exception dont le propriétaire avait extrait 500 vaches pour les donner au Nord, c'était en 1998.

Le mulet et le concombre de mer ont été pêché au large de l'île de Gegeo, l'île natale d'un autre président sud-coréen qui, en 1997, avait entamé un premier rapprochement. 

La sole viendra de Busan, où l'actuel président sur-coréen a passé son enfance.

Le dessert sera une mousse de mangue décorée d'une carte unifiée des deux Corées, toute bleue. Pourquoi le bleu ? Parce que c'est la couleur par excellence de la Péninsue coréenne et le point commun entre les deux drapeaux actuels.

Les liqueurs servis en fin de repas seront toutes plus âgées que l'actuelle division des deux Corées. L'ivresse, elle, devrait être, comment dire, unitaire ! 

Enfin, tout le repas sera accompagné de galettes de patates à la Suisse, les fameuses röstis.

Qu'est ce que la Suisse vient faire la dedans ?

Cela paraît assez incongru au beau milieu de ce festival culinaro-diplomatique coréen. Eh bien figurez-vous que le nord-coréen a passé son enfance dans un pensionnat suisse. C'est donc une subtile allusion à l'enfance du jeune leader joufflu.

Or figurez-vous que jamais au Nord on a confirmé cette information : c'est donc une reconnaissance implicite et rien que cela, c'est une véritable victoire diplomatique ! Commentée sur tout les tons : un secret a été gracieusement arraché au Nord !

C'est si vrai que des dizaines d'articles ont été écrit en Corée du Sud, extrapolant que le lieu où les présidents nord-coréens et américains se rencontreront pourrait être la Suisse. Il a intérêt à arriver préparé le Donald, vu le niveau de subtilité gastronomique. 

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