La ville galicienne de Vigo est célèbre dans toute l'Espagne pour ses illuminations de Noël. Pas moins de 20 millions d'ampoules LED déployées dans tout le centre-ville. Le problème est que le reste de la péninsule l'envie et l'imite.

Inauguration d'une grande roue illuminée à Vigo en Espagne
Inauguration d'une grande roue illuminée à Vigo en Espagne © Getty / Europa Press News

On part à Vigo, en Espagne, pour le jour de Noël. A priori, Vigo est une destination pour cinglés : c'est un port industriel et il y pleut au moins autant qu'en Bretagne ou en Normandie, pour ne pas faire de jaloux.

Sauf qu'à compter de fin novembre, la ville entière s'illumine pour les fêtes de Noël comme nulle part ailleurs en Espagne, voire en Europe. Les illuminations « navideñas » de Vigo sont une véritable attraction qui attire tous les ans des milliers de touristes.

Pour vous donner une idée : en 40 jours d'illumination, Vigo a installé 10 millions d'ampoules LED sur l'ensemble de son centre historique. C'est simple : c'est autant que la capitale Madrid, mais avec une population 16 fois moins importante. Colossal.

Bon, ça coûte un peu cher : à raison 110 mégawatts par jour de consommation électrique, l'entretien et le déploiement de cette quincaillerie électrique coûte la bagatelle d'un million d'euros à la ville. Mais rien n'est trop beau pour Vigo !

Et ça marche ! Il y a vingt ans, le taux d'occupation des hôtels de Vigo affichait 20 % fin novembre. Aujourd'hui, pas moyen de trouver une seule chambre libre. Avec de pareils résultats, le maire, Abel Caballero, en est à son 4e mandat : réélu dès le 1er tour !

Une débauche d'électricité pas très "Cop 25"

Jusqu'à présent, Vigo vivait tranquillement sa réussite et méprisait les jaloux. Sauf que la COP 25 a eu lieu cette année à Madrid et que ces outrances électriques ont fait immédiatement mauvais genre.

Il faut dire que la ville recrache par jour d'illumination quelque chose comme 800 tonnes de CO2. Le maire a beau se défendre et expliquer que les LED lui ont permis de diviser d'un tiers la consommation totale, les opposants en ont dans leur besace, et du lourd !

Il y a à peine 6 ans, l'ensemble de ces illuminations coûtaient à la ville un peu moins de 300 000 euros, c'est-à-dire 3 fois moins cher que la facture d'aujourd'hui ou si l'on veut, il s'agit d'une augmentation aux frais des contribuables de 242 % !

Mais encore une fois, les habitants de Vigo font ce qu'ils veulent de leur argent ! Sauf que la réussite de Vigo est telle que toute l'Espagne s'est mise à l'imiter ! Madrid, on l'a vu, c'est 10 millions d'ampoules et Barcelone, 100 rues habillées de lumière.

Une augmentation de 20  % et seulement une année et de 40 % en deux ans pour plus de 200 villes espagnoles. Mais dans ce vaste ensemble enfiévré à l'électricité, il y a les grands malades : Saragosse dépense en habits de lumière 400 % de plus qu'en 2014 !

Mais 300 % de plus que l'année précédente ! Et elle est loin d'être la seule : pour l'andalouse Huelva, c'est 300 % ; pour Palma de Majorque : 172 % ; pour Barcelone : 166 % - toujours en 5 ans – et pour Séville : 112 % ! En clair, c'est l'orgie !

Résonner les maires ? Cassons le thermomètre

L'Espagne est avec l'Italie, le pays de l'Union européenne dont l'éclairage public pollue le plus. On sait aussi, qu'en termes de consommation par habitants, celle de l'Espagne est 5 fois supérieure à celle de l'Allemagne.

Seulement voilà, les études d'impact était l'affaire de la Fédération espagnole des villes et provinces, l'équivalent de l'Association des maires de France, et ont été stoppées net il y 5 ans. Or devinez qui est le président de cette fédération ? Le maire de Vigo !

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