Direction Cardiff, où les demandeurs d'asile doivent porter un bracelet rouge

On croit rêver de bêtise et d'inhumanité, et pourtant tout est vrai et provoque même une polémique bien britannique. Il s'avère donc que les demandeurs d'asile de la région de Cardiff, c'est au Pays de Galles, doivent porter des bracelets de plastique rouge.

Pourquoi ? Tout bêtement pour qu'on puisse fluidifier ainsi les files d'attentes. Sans ces bracelets, ils ne peuvent pas prétendre aux trois repas par jour que leur statut leur octroie. En plus, on les menace s'ils n'obtempèrent pas, de les dénoncer au Ministère de l'Intérieur. Or certains habitants de Cardiff ont vite compris ce que signifiaient ces bracelets et se mettent à insulter les porteurs en criant « retournez chez vous ».

Et le problème c'est que ce n'est plus un cas isolé. Il y a environ une semaine, le Times a publié une enquête dévastatrice sur Middlesbrought, une petite ville du Nord de l'Angleterre. Là-bas, ce sont les portes des demandeurs d'asile que l'on peint en rouge. L'histoire figure aussi dans les colonnes du Guardian.

Et l'enquête est précise : sur 168 maisons occupées par des demandeurs d'asile, 155 portes d'entrée sont peintes en rouge. Et lorsque les occupants repeignent leurs portes, ils sont aussitôt visités par des employés qui remettent une couche de rouge.

Il semble, en plus, que cette politique des portes rouges – qui à chaque fois désigne les demandeurs d'asile aux racistes – se soit généralisée dans cette région puisque le Times parle aussi de portes rouges non loin de là, à Stockton-on-Tees.

Enfin pour être précis, il faut souligner qu'il ne s'agit pas d'une politique publique. Dans les deux cas - les bracelets rouges de Cardiff et les portes rouges de Middlesbrought - ce sont des entreprises privées concessionnaires qui en ont pris seules l'initiative.

Le gouvernement britannique risque de sévir. Dans les deux cas une enquête a été immédiatement diligentée. On ne peut pas impunément réinventer l'étoile jaune des nazis en plein cœur de l'Europe.

Une revue de presse américaine et neigeuse

Vous avez tous vu les images : New York City entièrement recouverte de neige après un des blizzards les plus violents de ces dernières années. Evidemment, à la une des quotidiens de l'Est des Etats-Unis, on ne parle que de cela. Les superlatifs sont de sortie !

Seules les grandes avenues sont déneigées à Washington
Seules les grandes avenues sont déneigées à Washington © MaxPPP

A la une du New York Times , ça donne : « une mer de neige » recouvre la ville. Pour le Philadelphia Inquirer , c'est le« quatrième pire blizzard de l'histoire de Philly » . Le Baltimore Sun parle de « chutes de neige massives qui nécessiteront des journées de travail ».

Avec ces histoires de courage dont les quotidiens américains raffolent, comme celle rapportée par le New York Post d'une infirmière du Bronx qui a bravé le blizzard une heure durant pour rejoindre la maison de retraite où elle travaillait.

Il y a eu des morts, on en dénombre 28, mais il y a surtout eu des batailles de neige homériques. A Baltimore, toujours selon le Baltimore Sun , ce sont des centaines d'habitants prévenus par les réseaux sociaux qui se sont rangés en deux camps ennemis dans le quartier de Mont Vernon pour se balancer des tartes de neige.

Même le très sérieux Washington Post a envoyé un reporter sur le front de Dupont Circle à Washington alors qu'une bataille de boule de neige géante opposait des centaines de résidents, enfants compris, tous déguisés et enragés.

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