"Pages" est la première librairie arabe de la ville.

Une librairie en Turquie qui veut faire oublier l'exil aux Syriens
Une librairie en Turquie qui veut faire oublier l'exil aux Syriens © Getty / Hitoshi Fujimoto / EyeEm

C'est le Guardian de Londres qui a repéré cette librairie qui fait aussi café et qui se situe dans le centre historique d'Istanbul, à un jet de pierre du musée Kaniye. Une librairie fondée par un Syrien de 42 ans, Sader Al-Kadri.

Alors, qu'est-ce qui rend cette librairie exceptionnelle ? – hormis le fait, donc, qu'elle propose des livres en arabe. En quelques années et grâce à son fondateur, Pages est devenue un havre de paix pour les Syriens d'Istanbul.

Un endroit pour eux, où se retrouver, où lire à volonté les livres emmagasinés sur les étagères construites par Sader El-Kadri lui-même. Cette librairie est donc avant tout un projet humaniste qui vise à offrir aux Syriens en exil l'occasion de se parler à nouveau.

Et c'est exactement ce qui se passe : on vient en famille écouter de la musique syrienne, les étudiants syriens installés à Istanbul viennent y travailler, les autres lisent avec passion des auteurs syriens qu'ils n'avaient plus approché depuis cinq longues années de conflit.

Pour quelques livres turques par mois, les enfants peuvent emprunter autant de livres qu'ils veulent. En résumé, dans sa librairie d'Istanbul, Sader Al-Kadri a voulu à la fois faire oublier quelques instants l'exil à ses visiteurs et ré-enchanter la Syrie, son pays.

En entrant dans sa librairie, on oublie les 400 000 morts de la guerre civile qui entrera bientôt dans sa sixième année, Daech semble bien loin et les Syriens de toutes confessions qui passent par là recommencent à se parler, à échanger.

Quant au choix d'Istanbul, il est assez évident : il y a en Turquie près de 3 millions de Syriens réfugiés, dont beaucoup de jeunes pour qui cette librairie a été tout spécialement imaginé. Dans une vie antérieure, Sader Al-Kadri a d'ailleurs été éditeur.

« La Syrie, dit-il, ce n'est pas que la guerre. Nous avons toujours été une terre d'art et de culture. C'est cette Syrie-là que j'ai voulu ressusciter ». Vous voulez savoir le plus étonnant : le livre le plus acheté, lu et emprunté, c'est 1984, de Georges Orwell.

Et Sader Al-Kadri n'a pas l'intention de s'arrêter là : il compte ouvrir une antenne de sa librairie Pages à Berlin. En fait, il a décidé d'ouvrir une petite patrie littéraire et studieuse là où les Syriens sont réfugiés, là où ils ont besoin de livres et de café arabes.

  • Une revue de presse Israélienne

Avec un papier très étonnant du quotidien Yediot Aharonot. Un papier qui raconte comment, dans la plus grande discrétion, des Syriens blessés par les combats se font soigner en Israël.

Rappelons que les deux pays sont ennemis et pourtant, 2 600 Syriens ont été soignés depuis 5 ans. Les patients se présentent à un point de la frontière gardé secret et sont ensuite dirigés vers un hôpital israélien qui, bien entendu, ne commente ni ne confirme.

En Italie, un article en une de La Repubblica qui fait écho à la chronique d'hier de Sonia. Il y a quelques jours, à Milan, un inconnu a tenté de dégrader un pavé du souvenir. En fait, sur chacun de ces pavés installés un peu partout dans la ville, figure un nom.

Le nom d'un déporté juif italien. Une sorte de monument du souvenir de l'Holocauste, mais éparpillée dans la ville. Choqués, les Milanais ont donc décidé de former une chaine humaine entre le pavé dégradé et le mémorial de l'Holocauste, près de la gare.

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