Depuis toujours, les joueurs de foot mexicains avaient pris l'habitude d'avoir des maillots floqués de leur nom mais sans accent tonique. La réflexion d'une internaute et des élections qui approchent ont eu raison de cet "impérialisme" linguistique étasunien.

J.Hernández dit "Chicharito" pendant la Coupe du monde 2018
J.Hernández dit "Chicharito" pendant la Coupe du monde 2018 © Getty / Jan Kruger / Intermittent

La géopolitique n'est jamais très loin des terrains de foot : tous les joueurs du monde portent un maillot floqué de leur nom de famille, donc les joueurs mexicains aussi. Jusque là tout va bien :

On a donc des maillots Hernandez, Marquez, Layun ou encore Fabian. Or il se trouve qu'il y a quelques mois, avant la compétition en Russie, où le Mexique brille d'ailleurs - 1er de son groupe et vainqueur de  l'Allemagne - un internaute remarque un problème.

Pas n'importe qu'elle internaute : une des éditrices du bureau mexicain du New York Times qui tient un blog très respecté sur l'orthographe et la grammaire espagnole. Elle s'appelle Paulina Chavira et remarque que les maillots n'ont pas d'accents.

Des accents toniques si espagnol et si peu étasuniens

En Espagnol, ne pas mettre d'accent toniques là où il faut est une faute assez grave : Hernandez n'est pas la même chose qu'Hernández. Elle commence donc une campagne sur twitter, le #ponelacento ou #mettonaccent, pour le traduire vite en Français.

Des internautes savants lui expliquent que c'est comme ça depuis toujours. Depuis qu'en fait, les noms des joueurs sont écrits en lettres capitales et surtout, depuis que l'essentiel des équipementiers fournissant le foot mexicain sont... Américains.

Eh oui, parce qu'en anglais, il n'y a pas d'accent tonique. Et tout a coup, ce qui était une simple remarque orthographique prend un tour politique. En clair : les Etats-Unis ont élu un président mexicophobe et, en plus, ils nous insultent jusque sur les terrains de foot.

Election et anti-trumpisme ont eu raison des maillots sans accent

Dimanche prochain, les Mexicains élisent leur nouveau président et la campagne  a beaucoup tourné contre les Etats-Unis, et on les comprend. Résultat, quelques jours avant le Mondial de foot en Russie, Paulina Chavira a eu la surprise de sa vie :

Lors des matchs amicaux, les joueurs mexicains sont apparus avec des maillots accentués, pour la 1ère fois de l'histoire du foot du pays. Autrement dit, Hernandez était redevenu Hernández, pour la plus grande fierté de tout un peuple, ¡ Caramba !

En Corée du Nord, où la nouveauté prend un tour inattendu...

Depuis plus de 40 ans, les Nord-Coréens doivent apprendre par cœur un serment contenant 10 paragraphes et tressant les louanges de l'idéologie de Pyongyang, du régime et surtout des 2 derniers Kim : le grand-père, Kim il Sung et le père, Kim Yong Il.

Evidemment, pas question n'en oublier une seule strophe. Mais voilà, la Corée du Nord a changé d'ère et son jeune dirigeant joufflu, fils et petit-fils de dictateur, a décidé de moderniser ce serment de fidélité national en le raccourcisant.

Il passe de 10 à 5 strophes et que croyez-vous qui passe à l'as ? La fidélité éternelle au Parti des travailleurs ? Non évidemment. Ce qui passe à l'as, ce sont les louanges aux Vieux. Autrement dit, Kim Yong Un vient d'un coup de trait de tuer père et grand-père.

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