Pour sauver des milliers d'agriculteurs menacés par la ruine après une récolte exceptionnelle qui a fait chuter les prix, le pays entier s'est mobilisé pour faire de la pastèque une cause nationale. Et ça marche !

Récolte des pastèques près de Jalalabad, Afghanistan.
Récolte des pastèques près de Jalalabad, Afghanistan. © AFP / NOORULLAH SHIRZADA

Il était une fois un pays magnifique - l'Afghanistan - hélas, ravagé par des décennies de guerre.  Un pays pourtant connu, entre autres, pour la qualité de ses légumes et fruits, une vraie fierté nationale, mais un pays plombé par les sécheresses et les violences permanentes qui empêchent bien souvent les agriculteurs d'exploiter correctement leurs récoltes. Difficile en effet de pouvoir expédier la production dans le reste des provinces du pays lorsque les routes sont coupées par les combats, quand l'instabilité politique empêche le pays de se développer correctement et de s'équiper d'infrastructures adaptées. 

Résultat? Lorsque l'on dit le mot " agriculture" à propos de l'Afghanistan, la première chose à laquelle on pense c'est plutôt au pavot! 

L'Afghanistan produit 90% de l’opium mondial

Le pavot est de fait une ressource bien plus facile à cultiver que les céréales, moins exigeant que les fruits, plus lucratif que le safran. Sa production, notamment dans les zones contrôlées par les talibans est un refuge pour les agriculteurs, et malgré les campagnes de lutte contre sa production, difficile de parvenir à promouvoir des cultures alternatives...  

Cette année pourtant toutes les récoltes en général ont été très bonnes, après de fortes pluies au printemps. 

La production de pastèque, notamment, a explosé

Deux millions de tonnes de pastèques ! Une production tellement exceptionnelle que la surabondance a fait chuter les prix. La tonne de pastèque est descendue aux alentours de 10 euros. A ce prix là, impossible pour les agriculteurs afghans de vendre leurs pastèques, quand le simple fait de charger sur un camion coûte plus cher que ça ne rapporte. 

Des tonnes de pastèque ont commencé à pourrir dans les champs, au grand désespoir des agriculteurs. Jusqu'à ce que le président afghan décide de faire de la pastèque une cause nationale.  Asharf Ghani  émis un décret ordonnant à l’armée d’acheter des tonnes de pastèques pour nourrir des dizaines de milliers de soldats. Toute la société s'est prise au jeu. Des professions entières se sont engagées à manger de la pastèque à tout les repas.  Des pages Facebook se sont crées, pour mettre en valeur les initiatives de promotions de la pastèque, des universités ont organisé des concours de mangeurs de pastèques. Ainsi le jeune Rahmatullah Quchqarzada a connu son heure de gloire après avoir ingurgité 8 pastèques en 30 minutes.  Dans son université, les étudiants en économie ont même conceptualisé des stratégies d’optimisation de vente de la pastèque, afin de créer de l’enthousiasme autour de ce produit. 

Stratégie gagnante : avec tout un pays pris d'une subite pastèque-mania, son prix de vente a été multiplié par quatre. 

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